Le rapport Reno s’attaque à la vie privée

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Dans un rapport rendu public hier, Janet Reno, procureur général des Etats-Unis, rend l’anonymat sur Internet en grande partie responsable de la cybercriminalité.

La procureur général américaine Janet Reno a rendu public hier un rapport très attendu qui recommande au gouvernement américain d’améliorer la traçabilité en ligne tout en encourageant la coopération internationale pour identifier les internautes.

Ce rapport fait suite aux demandes des plus grands responsables américains de la législation de donner à la police plus de moyens pour combattre la “cyber-criminalité”. L’anonymat du Web inquiètent de plus en plus ces responsables.

Le rapport, dont la mise en ligne sur le site du ministère de la Justice est prévue pour demain, est signé par le Working Group on Unlawful Conduct on the Internet (groupe de travail sur les pratiques illégales sur Internet), un groupe créé en août dernier par le président Clinton pour envisager la création de nouvelles lois et la mise en place de programmes d’action pour combattre la cybercriminalité.

Janet Reno préside le groupe, dont les membres sont, entre autres, le directeur du FBI Louis Freeh, le ministre des finances Larry Summers, le ministre du Commerce William Daley et quelques représentants de l’armée américaine et de l’agence de lutte contre la drogue.

Le rapport indique notamment qu’il faut changer la loi actuellement en vigueur du fait “du besoin du suivi en temps réel des communications sur Internet au sein des limites juridiques traditionnelles, tant aux Etats-Unis que dans le reste du monde et du besoin de piéger et localiser les utilisateurs avancés qui commettent des actes illégaux sur Internet tout en cachant leur identité”.

Les défenseurs de la vie privée ont exprimé leur inquiétude quant aux changements de la législation sur la violation des droits du citoyens qui pourraient en résulter. L’ACLU (American Civil Liberties Union, une association de défense des droits des citoyens américains), a envoyé une lettre ouverte à la Procureur pour critiquer le rapport et lui demander “de rejeter un certain nombre des conclusions du rapport et d’en clarifier d’autres”. L’association est particulièrement inquiète de voir que le rapport qualifie l’anonymat sur Internet de “problème épineux” pour une application correcte de la loi.

“L’anonymat sur Internet n’est pas un problème épineux, c’est un droit constitutionnel. La Cour Suprême des Etats-Unis a défini que la Constitution donne aux citoyens le droit de s’exprimer anonymement”, a notamment indiqué l’ACLU. Et d’indiquer de plus nbsp;: “Proscrire l’anonymat en ligne mettrait immédiatement un terme à la liberté d’expression dans le cyberespace et ferait disparaître une des principales protection de la vie privée tant appréciée des internautes”.

L’ACLU a également demandé des éclaircissement quant au besoin de changement. “Le rapport ne contient pratiquement aucunes statistiques sur l’étendue réelle de la criminalité liée à l’informatique, ou même seulement si une telle activité menace réellement notre pays”, a-t-elle indiqué. “A l’inverse, le rapport ne fait que raconter comment quelques individus ont utilisé un ordinateur pour commettre des délits. De telles statistiques devraient être rendues publiques avant que quelque modifications légales que ce soit puissent être envisagées”.


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