Le retour des packs Wanadoo dans les agences France Télécom

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Le Conseil de la concurrence a levé la sanction qui interdisait à France Télécom de commercialiser les packs ADSL eXtense Wanadoo dans ses agences commerciales. Suspension conditionnée par la mise en place d’un outil extranet d’éligibilité et de commande mis à la disposition des fournisseurs concurrents. Si cet outil est en place, il ne satisfait pas entièrement.

Après plus de quatre mois de suspension, France Télécom commercialise à nouveau dans ses agences commerciales les packs ADSL eXtense de Wanadoo depuis le 22 juillet 2002. Le Conseil de la concurrence a en effet levé, vendredi 19 juillet 2002, l’interdiction qu’il avait faite, le 27 février 2002, à l’opérateur historique de vendre dans ses agences les modems haut débit de sa filiale Internet suite à une plainte de Club-Internet (T-Online) (voir édition du 28 février 2002). Le Conseil de la concurrence avait enjoint France Télécom à mettre en place un serveur extranet afin de “faire respecter le principe de non-discrimination lors de la fourniture du service de vérification de l’éligibilité de la ligne et de passation des commandes”, comme on peut le lire dans l’avis du Conseil.

Si l’opérateur national se réjouit de cette décision, il n’en va pas de même des fournisseurs d’accès (FAI) concurrents. Auteur de la plainte qui avait fait condamner France Télécom, Club-Internet préfère ne pas commenter la décision, se réservant d’éventuelles actions futures. Un silence qui n’en est pas moins révélateur d’un certain mécontentement. Chez Tiscali, on est un peu plus bavard. “Il y a un progrès certain mais on est très loin du compte”, estime Rafi Kouyoumdjian, PDG de la société. “Nous ne sommes pas surpris de cette décision”, ajoute-t-il, sous-entendant que les récentes baisses tarifaires de France Télécom sur l’ADSL (voir édition du 19 juillet 2002) ont permis d’alléger la sanction de l’opérateur. Le combat de Tiscali se situe ailleurs, dans le traitement de faveur commercial que l’opérateur France Télécom accorde, aux yeux de Tiscali, à sa filiale Internet Wanadoo. “Quand France Télécom fait de la publicité pour l’ADSL en France, le bénéfice en revient uniquement à Wanadoo”, explique Rafi Kouyoumdjian qui estime par ailleurs que “la précédente décision du Conseil de la concurrence a été biaisée”. Et de rappeler que Wanadoo détient toujours 90 % du marché de l’ADSL en France, avec ou sans pack ADSL dans les agences de sa maison mère. “Le combat pour la libéralisation de la boucle locale est un long et difficile combat, mais nous sommes déterminés à obtenir gain de cause”, ajoute, déterminé, le dirigeant de Tiscali France.

Des conditions partiellement remplies

Techniquement, la suspension de la décision du Conseil de la concurrence dépendait de la mise en place de l’extranet de France Télécom. Celui-ci se compose de deux outils principaux : un serveur permettant de vérifier instantanément si un client peut être ou non raccordé à l’ADSL en fonction de sa situation géographique (rappelons que l’ADSL n’est pas accessible sur tout le territoire), et un second outil devant permettre aux FAI de passer commande et d’assurer le raccordement de leurs clients. Si le serveur d’éligibilité satisfait aux exigences de nombreux FAI, l’outil de commande manquerait d’efficacité. Celui-ci ne permettrait pas de pouvoir suivre les commandes en cours, mettant ainsi en défaut les FAI face à leurs clients. D’autre part, les commandes se font par lots. Or, la moindre erreur annulerait la commande du lot et non uniquement l’inscription invalide, un mode de commande groupée qui ne facilite pas les gestions individuelles. Reste à savoir si Wanadoo connaît exactement les mêmes contraintes que ses concurrents ou bien bénéficie d’un traitement de faveur de sa maison mère.


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