Le sans fil dans l’air du temps

Mobilité

Deux salons célèbrent actuellement l’avènement des appareils mobiles connectés aux réseaux. Que ce soit au Cebit en Allemagne ou à la CTIA “Wireless Conference” à la Nouvelle Orléans, toutes les nouveautés portent sur la téléphonie sans fil et sur les divers moyens, autres qu’un PC, d’accéder à l’Internet.

Après la vague du téléphone mobile, voici la déferlante de l’Internet mobile. Toute l’industrie y croit, et les alliances se multiplient partout sur le globe en vue du développement d’appareils sans fil capables de se connecter à l’Internet. Les industriels souhaitent démocratiser l’accès au Web depuis un simple téléphone ou une tablette portable, plutôt que depuis un PC. En effet, l’un des freins majeurs à la démocratisation d’Internet est l’ordinateur en lui-même, car l’objet reste cher et réservé à une minorité d’utilisateurs non rebutés par les problèmes techniques qui lui sont malheureusement inhérents. Constatant que le téléphone portable est, lui, un vrai succès populaire et un secteur d’activité qui commence à être très rentable, le monde de l’informatique se tourne donc vers lui pour étendre son champ d’action. Les fabricants de téléphones portables, tels Nokia ou Ericsson, comme les opérateurs téléphoniques sont très courtisés en ce moment par des firmes comme Microsoft, Sun ou IBM qui ne veulent pas rater le train du mobile.

C’est tout d’abord au Cebit de Hanovre que cette tendance s’est clairement dessinée (voir édition du 28 février 2000). Tout le monde présente maintenant des téléphones intégrant le format d’affichage WAP (Wireless Application Protocol), dont le but est justement de standardisé l’affichage sur de petits écrans d’informations en provenance du Web. Bien que ce standard ait été défini depuis plus de deux ans, les modèles de téléphones WAP n’étaient pas très nombreux. Seul le Nokia 7110 est disponible, en petites quantités, mais, de toutes façons, les services WAP sont quasi-inexistants.

Mais voilà que le Wap explose réellement. Motorola vient ainsi de présenter six modèles Wap d’un seul coup. Et, outre les appareils, on voit aussi apparaître du contenu ou des projets de contenu. AOL vient de s’allier à six fournisseurs (Motorola et Nokia pour les appareils, Research In Motion pour la technologie sans fil, Sprint et Bell South pour leurs réseaux téléphoniques et enfin Arch Communication, un spécialiste des messagers de poche) pour appuyer sa stratégie de développement tournant autours des technologies sans fil. Autre vedette du salon germanique, Palm Computing. Outre ses nouveaux modèles (voir édition du 22 février 2000), la société filiale de 3Com, à multiplier les annonces concernant des partenariats autours des standards de communications nomades. Dernier accord en date, celui avec Sun pour accéder depuis un Palm connecté aux sites reposant sur les plate forme iPlanet de commerce électronique de l’alliance SUN/Netscape.

Même chez les gros constructeurs, tout le monde cache une solution dans ses cartons. Dell a adopté la norme IEEE 802.11 (dénommée Airport dans le monde Apple) pour des réseaux locaux. Nec, de son coté, a présenté un portable équipé d’un récepteur émetteur à la norme Bluetooth pour communiquer avec des GSM ou d’autres ordinateurs.

De l’autre coté de l’Atlantique, à la Nouvelle Orléans, l’agitation était aussi de mise à la conférence de l’organisation CTIA (Cellular Telecommunications Industry Associations). Lors des discours d’inauguration, c’est tout d’abord Michael Capella, le Président et Directeur général exécutif (CEO) de Compaq qui a présenté un nouvel Aero, un ordinateur de poche sans clavier fonctionnant sous Windows CE, connecté à un GSM pour accéder au Web. C’est aussi le premier PC de poche compatible avec le standard Wap. Puis ce fut au tour d’Edward Zander, le président et directeur général (COO) de Sun Microsystems de présenter sa vision du futur, peuplée d’appareils sans fils se connectant sur les serveurs de sa compagnie pour aller explorer des sites dont le contenu reposerait sur ses solutions logicielles.

Clou de la journée, le discours de Bill Gates qui présentait la nouvelle version de Windows CE, très fortement liée à la nouvelle version 2.0 du portail maison MSN Mobile. Car désormais ce système d’exploitation vise plus le marché des téléphones que celui des organiseurs ou PC de poches. Gates en a profité pour officialiser les accords qu’il vient de passer avec Qualcomm pour le développement de solutions logicielles et la création d’appareils sans fil en technologie CDMA. Cette technologie, dont les débits sont supérieurs à ceux du GSM mais largement plus faibles que ceux de l’UMTS ou du GPRS, est utilisée principalement aux Etat Unis. Mais la firme de Redmond possède d’autres cordes à son arc : elle a conclu des accords avec Sony et Ericsson pour intégrer un navigateur Web Microsoft dans leurs téléphones (voir édition du 11 février 2000).

Même les fabricants de processeurs commencent à s’intéresser à ce marché, bien que les puces pour GSM ne soient pas celles où leur marge est la plus forte. National Semiconductor va ainsi produire une gamme de processeurs destinée aux téléphones GSM avec comme optique d’être l’un des premiers à proposer des puces pour les modèles GPRS d’ici peu. Intel aussi noue des alliances, mais plus modestes et portant sur des points bien précis, comme celle récemment conclue avec Sony pour le développement d’appareils domestiques sans fil. Autre mastodonte à s’intéresser aux technologies nomades : IBM. Big Blue cherche actuellement du soutien du coté des gros opérateurs téléphoniques et après Sprint et Nextel, c’est AT&T qui vient d’annoncer son alliance avec le numéro un mondial de l’informatique. Toujours le même mot d’ordre pour ces deux sociétés, être a même de fournir technologies, produits et contenu pour les futurs appareils mobiles.

Pour en savoir plus : Le site de la Conférence Wireless 2000


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