L’écran 3D de Sharp en met plein la vue

Mobilité

Sharp a présenté le premier écran capable de projeter une image en relief sans recours à des lunettes dédiées. Outre son prix, un autre inconvénient apparaît : l’utilisateur doit rester immobile.

Il faut le voir pour le croire. La rédaction de Vnunet a eu l’occasion d’assister à la démonstration de l’écran 3D LCD de Sharp qui projette une image en relief sans avoir recours aux traditionnelles lunettes bicolores ou polarisantes. Et ça marche ! Des globules rouges en enfilade, vue plongeante dans une poignée de piments ou de fraises, champs de fleurs en perspective… les sujets donnent vraiment l’impression de sortir de l’écran, à tel point qu’on ne peut s’empêcher d’essayer de les saisir en main. Et ce qui fonctionne avec les images fixes se reproduit avec des films animés. Bluffant.

Pour la démonstration, Sharp a projeté des animations en images de synthèse. Mais le constructeur nous a assuré que le phénomène fonctionne à partir de prises de vues réelles. A condition de capturer deux images de la même scène avec un angle légèrement décalé, équivalent à l’espace qu’il y a entre les deux yeux d’un individu (6,5 centimètres environ). En effet, l’écran de Sharp s’appuie sur le phénomène de perception binoculaire pour générer une image en relief. L’oeil droit ne voit pas tout à fait la même chose que le gauche (pour s’en convaincre, il suffit de fermer alternativement un oeil puis l’autre), laissant au cerveau le soin de reconstituer l’image qui s’enrichit ainsi d’un effet de profondeur. A l’aide d’une “barrière parallaxe latente” située entre la source lumineuse et les pixels de l’écran LCD, Sharp réunit les deux images envoyées au moniteur et reproduit le phénomène naturel de vision en trois dimensions.

Support des modes 2D et 3D

Seul impératif, outre la préparation de l’image à la source : se caler parfaitement face à l’écran et ne plus bouger, au risque de perdre l’effet. Une barre verte située sous la barre des tâches de Windows XP (le seul système sous lequel fonctionne l’écran) aide l’utilisateur à trouver le bon angle. Du coup, le moniteur est réservé à un seul utilisateur et peut difficilement être utilisé comme écran de production. Mais Sharp a tout prévu : l’écran travaille à la fois dans les modes 2D et 3D. Un simple bouton permet de basculer de l’un à l’autre. Quant aux jeux 3D – on imagine les possibilités visuelles des FPS (First Person Shooter) tel Doom – une centaine serait compatible selon Sharp. Ces titres doivent cependant être traités par un driver développé par nVidia (ATI devrait prochainement proposer sa solution) qui, à partir de la scène originale, calcule une deuxième image légèrement décalée.

Mais à 1 250 euros hors taxes pour un écran LCD 15 pouces (référencé LL-151-3D), le marché visé par Sharp n’est pas celui des joueurs mais bien de l’industrie qui exploite la 3D dans ses développements : CAO, l’imagerie médicale, cartographie, simulation, etc. La mise au point de la technologie aura nécessité dix ans de recherches aux laboratoires du constructeur situés à Oxford. Un consortium, cofondé par Sharp, Sony, Sanyo, NTT et Itochu et qui réunit 150 acteurs (dont Microsoft), vise à standardiser la technologie. Prochaine étape : améliorer le confort de vision pour la création d’écrans multi-utilisateurs. Mais il faudra encore de nombreuses années avant de pouvoir exploiter la technologie dans le domaine des loisirs grand public.


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