L’emploi du préfixe “e-” est déconseillé en langue française

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La Commission générale de terminologie et de néologie prône l’usage de la formule “en ligne”.

“De l’e-Administration à l’e-Democratie : une nouvelle société ?”. Prenez l’exemple de la sixième édition du Forum mondial sur l’e-Démocratie organisée entre le 28 et 29 septembre 2005 par la ville d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Ce genre d’énoncé fait sursauter la Commission générale de terminologie et de néologie, rattachée au ministère de la Culture et de la Communication.

Dans un “avis divers” qui a été publié au Journal Officiel en date du 22 juillet, la commission s’inquiète de l’usage croissant du préfixe “e” (du mot anglais “electronic” mais aussi ses tentatives de dérivés français comme “é-“ ou “i”) pour désigner des activités fondées sur l’utilisation des réseaux informatiques et des télécommunications. “e- est un néologisme hybride entre lettre, mot et concept, porteur de difficultés de tous ordres”, estime la gardienne de la langue française. Elle recommande d’écarter cette formule “pour les risques de confusion liés aux incertitudes de prononciation et surtout de sens qu’ils recèlent.”

Toutefois, la Commission générale de terminologie et de néologie reconnaît qu’il n’existe pas de solutions alternatives systématiquement. Les préconisations sont du coup nuancées : pour le cas du préfixe “cyber”, il faut en limiter l’usage sauf s’il est ancré dans l’esprit des gens comme les notions de “cybercafé” ou de “cybercriminalité”. Toutefois, la Commission générale de terminologie et de néologie juge ce préfixe “peu satisfaisant sur le plan éthymologique”, renvoyant à une note de l’Académie des Sciences en date de?1959 qui se penchait sur la question de la cybernétique.

Tous “en ligne”

Pour tenter de contrer le développement de la novlangue liée aux nouvelles technologies, l’organisme de défense de la langue française prône l’utilisation de deux autres éléments pour parler des nouvelles technologies. Il recommande l’utilisation du préfixe “télé-“ du moment qu’il n’existe aucune ambiguïté “avec le domaine de la télévision” ou “avec des activités à distance”. Une dernière précision qui peut paraître assez paradoxale pour l’univers Internet tourné vers la dématérialisation des services.

Finalement, c’est la formule “en ligne” qui est considérée comme la plus fédératrice aux yeux des membres de la Commission. De là à dire qu’elle lève aussi toutes les ambiguïtés?


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