Lenovo restructure pour mieux absorber Motorola

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La publication des résultats trimestriels de Lenovo a été marquée par l’annonce d’une restructuration portant sur la division mobile du groupe chinois.

Hausse du dollar, environnement macroéconomique défavorable en Amérique latine, intensification de la concurrence en Chine sur le marché des smartphones : Lenovo traverse une période délicate… illustrée avec la publication du bilan financier pour le 1er trimestre de son exercice fiscal 2016 décalé, conclu le 30 juin dernier.

Dans l’absolu, le chiffre d’affaires global de la multinationale high-tech chinoise ressort en hausse : + 3 % d’une année sur l’autre, à 10,716 milliards de dollars. Il n’atteint cependant pas le consensus, établi à 11,29 milliards.

La division PC reste la locomotive du groupe, avec une part de marché mondiale estimée à 20,6 % en volume (+ 1,3 % sur un an, d’après les mesures d’IDC), contre 18,9 % pour HP. Mais elle ne livre que 13,5 millions de machines sur le trimestre, soit 7,1 % de moins qu’à la même période en 2014. La valeur dégagée par ces ventes est de 7,282 milliards de dollars ; sachant qu’il y a un an, Lenovo avait enregistré pour 8,33 milliards de dollars de facturations.

Le constructeur identifie toutefois quelques motifs de satisfaction. Notamment cette troisième place acquise sur le marché du PC aux États-Unis, avec environ 13 % des ventes. L’objectif des 30 % de part mondiale à l’horizon 2018 est toujours d’actualité.

C’est encore plus compliqué sur la partie mobile. L’intégration de Motorola Mobility – acquis début 2014 auprès de Google pour 2,91 milliards de dollars – n’a pas encore porté tous ses fruits, de l’aveu même du CEO Yang Yuanqinq.

L’exploitation de la marque a néanmoins permis d’accélérer l’expansion internationale : 65 % des ventes de smartphones se font désormais hors de Chine (ce taux était de 18 % il y a un an). Alors que la marque Lenovo reste puissante dans des pays comme la Russie, Motorola bénéficie d’un fort ancrage en Amérique latine.

Restructuration en cours

Avec 16,2 millions de smartphones vendus sur le trimestre (+ 2,3 % d’une année sur l’autre, pour une part de marché mondiale de 4,7 %) et 2,5 millions de tablettes (+ 3,8 %, soit 5,6 % du marché mondial), le chiffre d’affaires connaît une hausse annuelle de 33 %, à 2,114 milliards de dollars – Lenovo incluant également les téléviseurs connectés.

Motorola contribue à hauteur de 1,2 milliard de dollars avec 5,9 millions de smartphones, mais n’est toujours pas profitable. Les coûts liés à son intégration, doublés d’un allongement des cycles de développement produit, plongent la division mobile dans le rouge, avec 292 millions de dollars de pertes.

Si bien que Lenovo annonce une réduction d’effectifs à hauteur d’environ 3 200 postes, soit plus de 5 % d’un effectif global qui compte quelque 60 000 employés. L’opération doit permettre d’économiser 1,35 milliard de dollars sur un an ; elle impliquera des dépenses avoisinant les 600 millions de dollars.

La dynamique est plus encourageante pour la division Enterprise (serveurs, stockage, logiciels, services) : 1,077 milliard de dollars de CA (multiplié par près de 6) et un résultat d’exploitation qui passe dans le vert.

L’intégration de l’activité System x acquise auprès d’IBM y est pour beaucoup. Lenovo revendique désormais 9,4 % du marché mondial sur les serveurs x86, devant Cisco (3,8 %) et Fujitsu (3,2 %), mais derrière HP (23,9 %) et Dell (22,7 %, source Industry Data). En parallèle, la marque ThinkServer, qui vise plutôt les PME, enregistre une hausse de 40 % de son chiffre d’affaires.

Ce qui ne suffit pas à relancer la machine Lenovo, dont le bénéfice net tombe à 105 millions de dollars (- 51 %, à 94 cents par action), en dépit d’une marge brute en hausse de 2,4 points, à 15,4 %. Il faut dire que les dépenses d’exploitation explosent : + 47 %, à 1,551 milliard de dollars, soit 14,5 % du CA (voir la synthèse des résultats au format PDF).

On notera que la zone des Amériques, avec 3,3 milliards de dollars dégagés (+ 46 %), est désormais plus lucrative que la Chine et ses 3,2 milliards (- 16 %). Suivent l’EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique ; – 5 %) et l’Asie-Pacifique (+ 15 %, à 1,6 milliard).

Crédit photo : olegganko – Shutterstock.com


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