Les appels mobiles seraient surfacturés lors des déplacements à l’étranger

Mobilité

UFC-Que choisir a remis à Bruxelles une proposition “réaliste” de réformes pour en finir avec la mainmise des opérateurs sur le roaming.

Attention à la facture de téléphonie mobile si vous partez à l’étranger cet été. “Le prix des communications des consommateurs en déplacement en Europe a littéralement explosé”, prévient l’UFC-Que choisir, “alors même que les coûts de revient supportés par les opérateurs allaient en décroissant” .

Selon les propres estimations de l’association de défense des consommateurs, les trois opérateurs nationaux, Orange France, SFR et Bouygues Télécom, ont perçu 735 millions d’euros de revenus en 2004 (hors marché des entreprises), rien que pour les communications passées soit par des Français téléphonant à l’étranger, soit de la part d’étrangers empruntant leurs réseaux pour téléphoner depuis la France. Rien qu’avec ce segment de clients, les opérateurs ont généré 406,5 millions d’euros de revenus dégageant une marge de plus de 80 % (325,2 millions).

Cette situation s’explique par la mainmise des opérateurs sur le marché de l’itinérance (roaming). Selon l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), les opérateurs de part et d’autre des frontières se facturent 0,90 euro la minute des appel passés de l’étranger. Soit cinq fois le coût réel des communications, lesquelles sont ensuite revendues aux consommateurs avec une nouvelle marge.

Appel à la création d’un tarif européen

Ainsi, deux appels identiques passés en Allemagne peuvent être facturés du simple au quintuple selon que l’appelant est un abonné allemand ou un client français en voyage en Allemagne. Dès 2000, la Commission européenne avait constaté une augmentation de 212 % des tarifs de gros des appels internationaux dans l’espace économique européen. Près de six ans plus tard, alors que les opérateurs ont aujourd’hui rentabilisé leur investissement, les conditions du marché n’auraient pas changé.

Pour mettre un terme à cette situation, parfois absurde en matière de tarification, l’association de défense des consommateurs a déposé auprès de la Commission européenne une proposition de réforme “construite à partir de la réalité économique du secteur” . L’UFC-Que Choisir propose ainsi de créer un appel intra-européen unique qui plafonnerait les coûts d’émission et de réception des appels (plafonné à 0,466 euro la minute) lorsqu’on téléphone de l’étranger vers l’étranger avec son mobile.

Dans la même logique, l’UFC demande également l’instauration d’un appel local européen permettant de passer et recevoir des coups de fil locaux (c’est à dire à l’intérieur du pays de destination) à des coûts proches de ceux des tarifs nationaux (les prix des offres des opérateurs du dit pays). “La Commission européenne a l’opportunité et donc la responsabilité de construire le marché unique des consommateurs européens de télécommunications.”, souligne Alain Bazot, président de l’UFC-Que Choisir.


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