Les attentes des utilisateurs en entreprises vis-à-vis de Linux

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Une étude de l’OSDL met en évidence l’aspect compétitif de Linux dans les motivations de son adoption sur les postes clients.

L’OSDL (Open Source Development Lab), le consortium chargé de promouvoir le déploiement de Linux en entreprise (voir édition du 20 juin 2003), vient de publier les résultats d’un sondage en ligne mené en octobre 2005 sur le thème des applications clés pour généraliser l’usage de l’environnement libre sur les ordinateurs de bureau. L’étude visait également à déterminer les barrières qui freinent l’adoption du système d’exploitation sur les postes clients. Plus de 3 300 personnes ont répondu aux questions, dont 81 % sont issues des continents nord-américain et européen et 31 % se déclarent développeurs.

Une demande de la part des employés

Si la rationalisation des coûts informatiques (TCO ou coût total d’acquisition), le faible coût des licences et la sécurité figurent parmi les principaux critères d’adoption de Linux, tout comme la capacité à accéder aux sources pour optimiser ou personnaliser les solutions, il s’avère que la première motivation vient de la demande des employés eux-mêmes. Deuxième motivation évoquée : le fait que le concurrent le plus direct ait déjà adopté Linux. Le logiciel open source apparaît donc comme un instrument compétitif.

A condition de disposer d’un ensemble d’applications de communication et de production au moins équivalentes à celle du monde Windows. Les clients de messagerie électronique apparaissent en tête de liste des applications indispensables à un déploiement de Linux sur les postes clients. Pour l’OSDL, les éditeurs de solutions libres ont donc tout intérêt à soigner particulièrement leurs applications de messagerie électronique.

L’e-mail avant la suite bureautique

L’e-mail précède même la suite bureautique, le navigateur Web et le gestionnaire de base de données. Suivent les outils de développement, les applications dédiées au secteur de l’entreprise et celles développées en interne, ainsi que les accès distants sécurisés/VPN. Les gestionnaires de données personnelles (PIM pour Personal Information Managers), les lecteurs multimédias et les messageries instantanées arrivent en queue du classement.

A noter que, pour séduire, le navigateur sous Linux doit être en mesure de supporter la plupart des formats plus ou moins propriétaires et popularisés sous Windows et Mac OS : particulièrement le Flash de Macromedia, le PDF d’Adobe et la plupart des formats audiovisuels (QuickTime, Windows Media et Real). La nécessité de prendre en charge en natif les fichiers au format XML OpenDocument est également revendiquée.

Mais les freins à l’adoption de Linux persistent. Ils se concentrent sur l’absence de support, tant des applications propriétaires (particulièrement Photoshop, PageMaker, AutoCAD et Quicken) que des périphériques (notamment ceux qui exploitent l’interface USB et les imprimantes). Enfin, la nécessité pour les utilisateurs de se familiariser avec le nouvel environnement se présente comme un obstacle supplémentaire. Linux semble donc devoir faire un effort d’adaptation, notamment, selon l’OSDL, du point de vue du support natif des applications propriétaires les plus communes (Microsoft Office, Photoshop, etc.). Avis aux éditeurs de ces produits.


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