Les compagnies de sécurité se frottent les mains

Mobilité

Seules valeurs en hausse hier à la bourse de New-York, les firmes spécialisées dans la protection des systèmes informatiques profitent de l’aubaine que représentent pour eux les attaques contre certains gros sites américains. Pourtant, elles ne possèdent pas forcément la solution.

C’était la débandade hier au Nasdaq, la bourse américaine des valeurs technologiques. Les investisseurs cherchaient massivement à prendre leurs profits, par peur de nouvelles attaques (voir édition du 9 février 2000). Seule oasis de hausse au milieu de ce désert de baisse, les sociétés qui ont fait de la sécurité informatique leur coeur de métier. En hausse constante depuis une dizaine de mois, ces valeurs ont connu un sérieux coup d’accélérateur lors de la séance d’hier, certaines sociétés voyant leurs titres gagner entre 5 et 7 % en une journée. L’action WatchGuard, une société spécialisée dans les firewall (pare-feu) d’entreprise, a même gagné 49 % au cours de cette même séance. Néanmoins, certaines firmes n’ont pas profité de cet engouement, comme Computer Associates ou CyberGuard qui ont vu leur titre stagner voire même en léger recul. Qu’à cela ne tienne, à grand renfort de communiqués, ces dernières “surfaient” sur cette vague de paranoïa ambiante pour promouvoir leurs produits ou plus simplement leurs sociétés. Ainsi, demain, leurs titres seront peut-être eux aussi orientés à la hausse.

Principale cible de ces sociétés de sécurité, les universités ou grosses entreprises dont les serveurs ont permis les attaques contre Yahoo! et consorts. “Ils auraient du se protéger et nos produits permettaient de le faire efficacement”, tel est en substance le discours des spécialistes de la sécurité. Autre point de vue défendu par ces firmes, la question de la responsabilité pénale de ces “hôtes” de pirates. A défaut de pouvoir se retourner contre les acteurs des méfaits eux même, il serait bien plus simple d’assigner en justice les administrations ou entreprises n’ayant pas fait le nécessaire pour se protéger des intrusions. Au pays des avocats rois, une telle proposition risque de faire son chemin, surtout si les coupables ne sont pas démasqués.


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