Les Etats-Unis entrent en guerre contre le spam

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Les membres du Congrès américain viennent d’approuver un projet de loi infligeant aux diffuseurs de spams de fortes amendes, voire des peines de prison. Une mesure nécessaire mais peut-être pas suffisante…

Ironie de la situation : c’est au pays de la libre entreprise où la publicité est reine que devrait être votée une loi contre les courriers indésirables (spams). Le Congrès américain vient en effet de valider un projet de loi visant à lutter contre ce qu’on peut considérer comme un véritable fléau numérique. Cette loi instaurerait également la mise en place d’une liste rouge ouverte à ceux qui ne veulent pas recevoir ce type de publicités non sollicitées. D’une certaine manière, les Etats-Unis adoptent donc l’opt-out, recommandé depuis longtemps en Europe, qui permet à un particulier de ne recevoir des messages publicitaires que s’il en a explicitement fait la demande.

On ignore comment le Congrès va concrètement et techniquement lutter contre les « polluposteurs » si ce n’est que ceux-ci risquent des amendes d’un montant pouvant atteindre 1 million de dollars, voire de la prison. Seulement, ces peines ne seront prononcées qu’à l’encontre de ceux qui diffusent des messages manifestement trompeurs. Autrement dit, les auteurs de réclames honnêtes, aussi intrusives soient-elles, ne devraient pas être inquiétés outre mesure (y compris les messages à caractère pornographique). Il faut cependant savoir que les spams trompeurs constituent, selon le Congrès, plus des deux tiers des messages non sollicités reçus.

Des utilisateurs exaspérés

Parallèlement, l’association Pew Internet & American Life Project a publié une étude mettant en évidence le découragement des internautes américains face au spam. Réalisé auprès de 1 400 usagers du courrier électronique, le sondage montre que 60 % ont réduit l’usage de leur messagerie et que 73 % évitent désormais de communiquer leur adresse e-mail. Sans parler des difficultés à retrouver ses courriers importants, la perte de temps générée par le tri des messages, etc. Paradoxalement, nombre de spécialistes ont bien conscience que la lutte contre le spam ne peut se contenter de mesures législatives. Prochaine étape, la recherche de solutions technologiques efficaces ?