Les FAI condamnés à être rachetés ?

Mobilité

En rachetant World-net, l’opérateur de télécoms Kaptech s’offre l’un des pionniers de l’accès Internet français. A l’exemple d’Imaginet ou Calvacom, peu d’entre eux ont pu conserver leur indépendance.

Inconnu du grand public et encore discret auprès des entreprises, l’opérateur télécoms Kaptech s’est spécialisé dans les services pour professionnels. Il vient pourtant de signer le rachat de World-net, un des pionniers dans l’accès Internet pour le grand public. Selon un porte-parole de Kaptech, les équipes respectives des deux sociétés continueront d’oeuvrer sur leur terrain respectif. “C’est une acquisition, pas une absorption”, précise-t-il. Il gagne du coup un porte-feuille de clients potentiels.

Il serait encore trop tôt pour évoquer l’arrivée de nouveaux forfaits de communications Internet, plus ou moins spectaculaires. A l’heure actuelle, World-net propose un forfait nocturne à 299 francs TTC par mois associé à 20 heures de communications en journée. Une offre moins compétitive sur le papier que celle de Onetel, illimitée pour 149 francs par mois (voir édition du 25 mai 2000).

Le rachat du fournisseur d’accès sonne en tout cas le glas de l’indépendance des pionniers du secteur. Après que l’opérateur PSInet a racheté Calavacom, ou l’absorption d’Imaginet par Colt, il ne reste plus guère que FranceNet, rebaptisé Fluxus, pour conserver son indépendance.

Sa méthode ? Avoir changé de coeur de métier. Les années se sont écoulées depuis le lancement du premier forfait dans l’Hexagone, en juin 1994, où il fallait débourser chez FranceNet 90 francs de l’heure de connexion, sans compter les communications téléphoniques. Aujourd’hui, le fournisseur d’accès s’est recentré vers la conception de sites et l’hébergement. “Se faire racheter est quasiment inéluctable si l’on fait de l’accès Internet grand public”, tranche Christine Vilcocq, directrice de la communication chez FranceNet. “Ou alors, il faut être capable de perdre 2 à 3 millions de francs par mois. L’accès revient très cher à gérer, entre les coûts de l’assistance hot-line ou de la facturation des clients”, explique-t-elle. A l’entendre, seules les sociétés de grands groupes, à l’exemple de Wanadoo, auront les reins assez solides pour durer quelques années et parvenir à rentabiliser leur clientèle internaute.


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