Les maisons de disques parient sur les labels électroniques

Mobilité

S’inspirant d’Universal Music, Warner Music va lancer un e-label pour distribuer uniquement en ligne les créations de certains auteurs.

Les mutations qui touchent les modes de consommation de la musique bouleversent l’industrie du disque. Les majors réagissent d’une part en combattant le piratage en ligne, d’autre part en innovant. Unversal Music teste ainsi, depuis près d’un an, un label électronique destiné aux auteurs dont les créations seront exclusivement distribuées en ligne, sur les plates-formes de téléchargement. Et Warner Music va lui emboîter le pas en lançant un label calqué sur le même modèle.

Avec ces e-labels, les maisons de disques s’affranchissent des coûts liés à l’enregistrement et à la production d’un album et réduisent les sommes investies pour le promouvoir. Elles s’abstiennent par ailleurs de verser des avances aux artistes qui, en contrepartie, conservent la propriété de leurs copies originales (masters) et de leurs droits d’auteur. Au final, elles prennent moins de risques et réalisent de grandes économies plutôt bienvenues.

179 millions d’euros de déficit en un trimestre

En effet, la baisse des ventes de CD pèse de plus en plus lourdement sur les comptes des majors. Ainsi, les pertes enregistrées par Warner Music ont doublé au deuxième trimestre de cette année pour atteindre 179 millions d’euros. Un déficit pourtant limité par les ventes en ligne de la maison de disques, lesquelles représentent 6% de son chiffre d’affaires et progressent de 76% sur la période.

Toutefois, Internet simplifie considérablement le métier des maisons de disques et ouvre la porte à de nouveaux acteurs très compétitifs. La société française Wild Palms Music, créée en 2000, s’est ainsi lancée au début de l’année dans l’agrégation de contenus musicaux. Elle offre exactement les mêmes prestations que les majors mais rétrocède aux auteurs entre 50% et 70% des revenus générés par les ventes de fichiers musicaux, contre près de 15% chez une major.

Wild Palms Music et les autres e-labels indépendants, tels Believe.fr, ont des accords de distribution avec la plupart des plates-formes de téléchargement musical (iTunes, Fnacmusic, VirginMega, OD2…). Ils n’ont donc rien à envier aux grandes majors, mis à part qu’ils ne sont pas en mesure d’assurer la production d’un CD.