Les militants du libre réclament des PC sans Windows

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Un PC sans Windows, une imprimante sans pilote, bref, du matériel nu que l’on achète indépendamment des applications livrées en licence OEM. Tel est l’objectif que visent les activistes du mouvement du libre en invitant les consommateurs à saisir la répression des fraudes pour faire constater les “ventes forcées” généralement liées à l’achat de tout matériel informatique. Un appel qui profite de la période électorale pour mobiliser.

“Nous appelons les consommateurs à refuser d’être victime des ventes forcées de logiciels, par le biais de ventes liées dites “OEM”, lorsqu’ils achètent un ordinateur.” Les sites LinuxFrench.NET, Linuxfr.org, Portalux.com, KDE-France.org, NoCopyright.fr.st, gcu-squad.org, Independant Technologies, Planète Libre, TuxFamily et les associations AFUL, ALDIL, APRIL, Linux-Azur, Parinux et ALL se rebiffent face à l’hégémonie de Microsoft dont Windows est par défaut le système installé sur 98 % des ordinateurs. “Dans les faits, il s’agit de Windows mais cela pourrait être n’importe quoi d’autre”, précise Frédéric Couchet, président de l’APRIL, qui ajoute que la démarche s’applique aussi au matériel en général comme les imprimantes et leurs drivers notamment.

“Ce que nous visons, c’est tout simplement à rétablir la normalité”, explique Frédéric Couchet, “il n’est pas normal d’avoir à payer le matériel et les logiciels si on n’en veut pas au même titre que quand on achète une bibliothèque, on ne paye pas les livres qui iront dedans.” Bref, laisser au consommateur le choix non seulement des logiciels qui accompagneront la machine mais aussi le choix de ne pas payer des applications qu’il n’utilisera d’ailleurs pas forcément. Un choix qui passe notamment “par une transparence des coûts de la facture afin que le consommateur puisse éventuellement renégocier le prix d’une machine indépendamment du coût des licences”, justifie le président de l’APRIL, “car la situation actuelle ne concourt pas à la diffusion d’une alternative”. Certains l’ont déjà compris de l’autre côté de l’Atlantique, comme le magasin Wal-Mart qui s’est lancé dans la vente de PC “nus” (voir édition du 25 février 2002).

Pour une prise de conscience…

Lancé à l’initiative de Hervé Lefebvre de LinuxFrench.net, ce mouvement vise autant à informer les consommateurs de leurs droits qu’à faire bouger les pouvoirs publics. Et pour cela, les activistes invitent les consommateurs à saisir la direction de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour chaque infraction constatée dans leurs achats. “La répression des fraudes est obligée de traiter tous les dossiers, la mobilisation et la prise de conscience par les pouvoirs publics dépendra donc du nombre de dossiers reçus”, rappelle Frédéric Couchet, “de toutes façons, si on ne fait rien, il est certain qu’on n’arrivera à rien.” Et de rappeler que, lancée il y a trois ans sur la question des brevets logiciels, l’association EuroLinux.org a réussi à mobiliser différents gouvernements en Europe et nombre de personnalités politiques.

Cet appel en direction du consommateur arrive avec la campagne électorale en France. Ce n’est évidemment pas un hasard dans la mesure où le gouvernement est plus susceptible de prendre des engagements qu’habituellement. Ainsi que les différents courants politiques. Et, même si Windows est visé “par défaut”, Microsoft connaît une actualité chargée avec la justice, tant aux Etats-Unis qu’en Europe. Une mauvaise publicité qui abonde dans le sens des activistes du libre.


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