Les nouveaux St Paul de l’informatique

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Pour faire connaître le potentiel du Mac, rien de tel que l’évangélisation. Et quand ce sont les nouveaux convertis qui s’en chargent, les arguments ont autrement plus d’impact.

“Quand Windows ne fonctionne pas, il est temps de passer au Mac.” Ne démarrez pas au quart de tour : cette citation provient de David Coursey, le chroniqueur d’Anchordesk sur Zdnet USA. Ce titre lapidaire résume en fait son expérience d’utilisateur. Il utilise différentes variantes de PC (un Tablet PC, un Compaq Armada M700 ainsi qu’un HP Media Center), qui tous trois ont connu un sort funeste. Un cheval de Troie nommé Winlogin a presque totalement gelé son Tablet PC, un plantage de disque dur a paralysé le Compaq et un crash à l’installation d’un programme a eu raison du modèle HP. Conclusions de Coursey après ces déboires : “Je fais désormais ce que je fais toujours quand je me fais ‘attraper’ par Windows : je saute sur un Mac. En ce moment même, je suis en train d’écrire cet éditorial sur un PowerBook G4 15 pouces. Ce qui est plaisant avec Mac OS X, c’est qu’il n’est presque pas possible de le planter. Quel que soit le programme que j’installe ou que je désinstalle, Mac OS X tourne, un point c’est tout. C’est bien plus que ce que j’ai pu connaître sous Windows. Bien sûr, tous les programmes que je veux utiliser ne tournent pas sur Mac, néanmoins, comme je le dis à mon entourage : si un Mac sait faire ce que vous voulez faire, il le fait de manière beaucoup plus stable que Windows.” David Coursey, pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, est en fait un converti, ou encore un switcher, comme Apple aime à appeler ces utilisateurs de Windows passés au Mac. Cet éditorialiste a commencé à en pincer après avoir décidé de donner au Mac une chance de le convaincre pendant un mois (voir édition du 19 avril 2002). Depuis, s’il n’a pas abandonné définitivement le PC, il n’en démord pas : quand on a perdu des heures à essayer de remettre en état un PC, on est bien content de se retrouver sur Mac.

Evidemment, son point de vue est biaisé : l’éditorialiste ne semble pas traiter ses PC avec toutes les précautions conseillées par les utilisateurs les plus chevronnés et il n’a pas encore connu les affres d’un gros problème sur Mac. Mais il est emblématique du discours des nouveaux apôtres du Mac qui fleurissent sur la Toile (voir édition du 30 septembre 2003). Ainsi de cette technicienne d’un service de support pour PC, qui souligne, ironique : “Je suis payée pour faire le support de la plate-forme Wintel. J’adore ne plus avoir à le faire à la maison. Mon mari m’a offert un Mac pour Noël en 2002, et les rares fois où j’allume un PC, c’est quand le matériel que je veux utiliser n’a qu’une interface Windows ou qu’un site Web que je dois voir utilise trop de code propriétaire de Microsoft pour fonctionner sous Mozilla ou Safari.” Les témoignages similaires ne manquent pas : ainsi, sur le blog de Tony S., Technically Speaking, où un technicien s’occupant d’un réseau de 1 000 ordinateurs dans une entreprise de publicité fait un bilan de son expérience passée sur ce parc, constitué pour moitié de Mac et pour moitié de PC. “L’année dernière, le virus Slammer nous a mis à genoux en détruisant le serveur SQL qui gérait notre intranet. En une demi-heure, je configurais un Mac, transférais nos fichiers et mettais en place un nouvel intranet. Tout cela en utilisant Mac OS X 1.2”, explique Drew M. L’insécurité et l’instabilité relatives de la plate-forme de Microsoft sont en fait souvent mises en avant par ces nouveaux apôtres du Mac, très prompts à relater leur récente conversion et leur expérience des deux mondes.

Des apôtres persusasifs

Ces témoignages ont le don de faire réagir les utilisateurs plus pondérés et d’exaspérer les fans de Windows (voir nos forums). Mais tant outre-Atlantique qu’en Europe, ils apparaissent de plus en plus fréquemment. Faut-il n’y voir que les déclarations spontanées d’utilisateurs enthousiastes ou une lame de fond en préparation ? Une chose est sûre : les arguments des nouveaux convertis, véritables Saint-Paul de l’informatique, ont tendance à déborder largement du canevas marketing d’Apple, plus encline à mettre en avant son iPod que ses ordinateurs. A tel point que les réticences d’autres utilisateurs se lèvent peu à peu : “Je dois admettre que je n’entends que du bien de Mac OS X. Je n’ai jamais acheté de Mac mais cette année, je vais essayer d’acheter un portable Apple”, témoigne ainsi Tony S. S’agirait-il des premiers véritables effets de la campagne “Switch” d’Apple (voir édition du 4 septembre 2002) ou bien les nouveaux convertis seraient-ils plus persuasifs que la Pomme elle-même ?


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