Les nouvelles technologies des disques durs

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Malgré une apathie de façade, les fabricants de disques durs continuent de faire évoluer leurs produits. Si la rapidité et le stockage sont toujours les éléments moteurs de ces évolutions, une nouvelle donnée vient s’inscrire en plus dans leur cahier des charges, le bruit.

Si les nouveautés ne sont pas légion du coté des disques durs, il existe tout de même des avancées technologiques qui méritent d’être signalées. En effet, ces dernières semaines, deux records viennent d’être battus. D’une part la plus grande capacité avec les 75 Go du Deskstar 75GXP d’IBM et d’autre part la plus grande vitesse de rotation, avec les 15 000 tours par minute du Cheetah X15 de Seagate. Chacun d’eux utilise les dernières technologies dans leur domaine pour obtenir des produits haut de gamme qui leur permettront sans doute de sortie du lot classique de la mémoire de masse. D’autant que la lutte entre les fabricants de disque dur est particulièrement rude (voir notre dossier). Autre avancée, mais cette fois-ci partagée par plusieurs constructeurs, la réduction du volume sonore d’un disque en fonctionnement.

Commençons par le nouveau Deskstar 75GXP, le fleuron d’IBM avec ses 75 Go de capacité. Fonctionnant à 7 200 tours/minute sur une interface IDE, ce disque est destiné pour le moment aux professionnels de la vidéo ayant des gros besoins de stockage. En effet sur 75 Go, on peut stocker jusqu’à 18 films en DVD ou 159 CD musicaux. Pour arriver à cette capacité record de 75 Go, IBM s’appuie sur 5 plateaux pouvant accueillir 15 Go chacun. Pour arriver à une telle densité d’écriture, Big Blue a remplacé les plateaux en aluminium des disques durs ordinaires par des surfaces en verre. Le verre permet non seulement d’écrire plus de données sur les plateaux, les têtes de lecture étant plus précises sur du verre que sur de l’aluminium, mais aussi cette matière minérale est plus stable et plus résistante aux déformations à haute vitesse. Pour l’instant, on ne connaît pas encore le prix de ce nouveau modèle, ni sa date de disponibilité effective.

Pour ceux qui privilégient la vitesse de fonctionnement à la capacité de stockage, le nouveau disque de Seagate est plus indiqué. A l’inverse du disque IBM, Seagate, pour ce produit, a misé sur la rapidité au détriment d’une capacité somme toute banale de 18,4 Go. Disponible en interface SCSI Ultra-160 ou en connexion fibre optique, ce disque est le premier à fonctionner à 15 000 tours/minute. Les temps d’accès sont donc excellents avec une moyenne de 3,9 ms (contre 6 à 8 ms sur les modèles ordinaires) et des taux de transfert avoisinant les 42 Mo/s. Pour Shawn Hook, chef de produit chez Seagate, le Cheetah X15 est “plus rapide de 25 % que tout ce qui existe pour l’instant“. Le prix aussi risque d’être plus conséquent que tout ce qui se fait actuellement avec des estimations pour les grossistes de 1 000 dollars (environ 6 500 francs) la pièce par 1 000 unités.

Autre tendance actuelle, la réduction des nuisances sonores engendrées par un disque dur en fonctionnement. Cela peut sembler anecdotique mais avec les projets de magnétoscope et autres éléments domestiques utilisant un disque dur, le bruit devient un élément à la fois différenciateur et influant sur la qualité globale du produit. En effet, s’il est acceptable qu’un disque dur dans un ordinateur soit bruyant (et encore !), cela ne l’est plus dans une console de jeux ou un décodeur de télévision numérique. Maxtor ou Seagate, une nouvelle fois, mettent en avant la faible nuisance sonore de leurs produits et tous les autres fabricants planchent aussi sur des technologies pour rendre les disques les plus silencieux possibles.

Et l’avenir réserve encore d’autres améliorations. Ainsi, les ingénieurs d’IBM viennent de présenter une nouvelle technologie pour augmenter encore les capacités de stockage. En laboratoire, un groupe de chercheurs a réussi à transformer des molécules de fer mélangées à du platine en une surface magnétisée dont la densité serait beaucoup plus grande qu’avec le cobalt utilisé à l’heure actuelle. Aujourd’hui, les particules de cobalt contenues sur la surface des plateaux ont un diamètre de 32 atomes alors que le mélange platine/fer permettrait d’obtenir des particules mesurant moitié moins. D’où, sur une même surface, la possibilité théorique de stocker deux fois plus d’informations. Autre avantage de cet alliage mis en avant par les chercheurs d’IBM, sa résistance au temps et à la démagnétisation. Mais il faudra encore attendre longtemps avant de voir cette technologie débarquer sur des produits commercialisés, le processus de fabrication étant pour l’instant extrêmement coûteux.

Pour en savoir plus :

* IBM

* Seagate


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