Les nouvelles technologies plus écolos ? Gartner en doute…

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Deux équipes d’analystes du Gartner se sont affrontées pour savoir si les technologies de l’information pouvaient lutter contre le réchauffement climatique.

Chaud le débat ! Il y a quelques jours, le cabinet américain Gartner, spécialisé dans les nouvelles technologies, tenait salon à Las Vegas. Une des conférences organisées au cours de ce colloque “Emerging Trends Symposium/ITxpo” s’intitulait “Does Green IT matter?” (Les nouvelles technologies respectueuses de l’environnement, mythe ou réalité ?). Deux équipes, composée chacune de deux consultants Gartner, se sont affrontées devant une soixantaine de directeurs informatiques de grandes sociétés américaines.

Les quatre groupes n’ont pas remis en cause le danger que le réchauffement climatique pouvait faire peser sur l’humanité et en particulier sur l’économie mondiale. Ils ont échangé des arguments sur l’impact réel que des technologies de l’information plus respectueuses de l’environnement pouvaient avoir sur ce phénomène climatique. Mais les deux exposés ne se situaient pas tout à fait au même niveau.

Respectueuses de l’environnement par essence ?

La première équipe, composée de Simon Mingay et de Martin Reynolds, analystes chez Gartner, soutenait que les nouvelles technologies sont en elles-mêmes respectueuses de l’environnement, de par leur influence sur le reste de l’économie. “Des recherches sérieuses ont montré que lorsque les économies investissent dans les technologies de l’information et de la communication, elles consomment moins de matières et d’énergies, émettent moins de gaz à effet de serre et font moins appel aux transports, a rappelé Simon Mingay . Bien sûr, il y a toujours la possibilité que les scientifiques se tromper, mais nous ne pouvons pas prendre ce risque.”

La première chose à faire, selon ces spécialistes, est de réduire l’impact des nouvelles technologies sur l’environnement : en diminuant les émissions de gaz à effet de serre de l’industrie high-tech, ses déchets électroniques, son utilisation de substances dangereuses et de ressources rares au cours de la fabrication des produits informatiques.

A moyen terme, de nouvelles applications des technologies de l’information et de la communication permettront aux hommes de moins voyager (par exemple, en recourant systématiquement à lavidéo-conférence… ), d’optimiser les transports (en s’assurant que les camions roulent à pleine charge… ), de développer le e-business et l’e-administration , de réguler chauffage et climatisation dans les immeubles. A plus long terme, ces technologies auront un impact socio-économique tel qu’elles réduiront drastiquement la consommation d’énergie et de matières (avec la dématérialisation… ), les transport et les gaz à effet de serre.

Quel impact sur le réchauffement ?

En face, French Caldwell et Charles Smulders, tous deux également analystes chez Gartner, se sont focalisés sur l’impact direct des nouvelles technologies sur le réchauffement climatique. Et là, les chiffres semblent sans appel : les technologies de l’information représentent 2% des émissions de gaz à effet de serre. “Les nouvelles technologies respectueuses de l’environnement sont une fiction”, a-t-il martelé. Selon lui, les vraies sources de gaz à effet de serre sont ailleurs : rien qu’aux Etats-Unis, le bétail émet plus de CO2 que tous les véhicules à moteur ; et l’explosion de la démographie, avec une population mondiale qui va passer de 6 milliards à 9 milliards au cours des 50 prochaines années, aura plus d’impact sur l’environnement que les technologies de l’information.

Enfin, il s’en est pris aux constructeurs informatiques, les soupçonnant de faire surtout des effets d’annonce dans ce domaine. Par exemple, ceux qui veulent améliorer leurs centres de données le font surtout pour réduire leur note d’électricité, pas par souci de l’environnement. Un sondage réalisé auprès de l’assistance semble prouver que les arguments de la seconde équipe – celles qui doute de l’impact réel des technologies de l’information sur l’environnement – ont eu plus d’influence sur les directeurs informatiques que ceux de la première équipe.


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