Les premières machines équipées du VIA C3 débarquent

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En introduisant le C3 sur le marché français, VIA Technologies entre dans la bataille des processeurs derrière Intel et AMD (et, dans une certaine mesure, Transmeta). Mais alors qu’Intel joue sur la puissance, VIA met l’accent sur la réponse aux besoin des utilisateurs, le bas prix et la faible consommation. Un pari risqué mais qu’a choisi de faire Bacata, l’importateur français.

Depuis le temps qu’on en parlait (voir notamment édition du 29 mars 2001, le processeur de VIA commençait à se faire attendre. Mais ça y est, il est là. Notamment sur PèreNoël.fr où l’on trouve une configuration à moins de 2 600 francs… l’unité centrale quasiment nue. Si l’on ajoute l’écran (17″), le clavier, la souris, les enceintes (la carte son est, elle, intégrée au chipset), le modem et Windows, le prix de la configuration complète dépasse les 5 000 francs. Et avec un graveur ou un lecteur DVD, le prix frôle les 6 000 francs. “Je suis plutôt content de ce que propose PèreNoël.fr”, explique Christian Olivieri, directeur marketing de VIA en France, “car cette offre vise les individus déjà équipés qui cherchent à évoluer sans s’encombrer de nouveaux claviers, souris, etc. Car il devient difficile, aujourd’hui, d’acheter un ordinateur sans ces périphériques”. Un point de vue qui se défend. Christian Olivieri rappelle également que VIA laisse aux revendeurs toute latitude pour définir leur politique commerciale, en rappelant que le credo de VIA c’est justement de proposer des machines d’entrée de gamme.

La machine présentée est donc architecturée autour d’un processeur VIA C3 cadencé à 733 MHz (vendu seul environ 400 francs ou 61 euros) avec 128 Mo de Ram montés sur carte mère Jama MA-AV694B dotée d’un chipset Apollo Pro133A et 20 Go de disque dur ATA-100. Soit une configuration d’entrée de gamme qui, si elle n’a pas à rougir, ne prétend pas non plus concurrencer les performances des Duron et Celeron. “Nous ne visons pas les 20 % de hard gamers qui optimisent leur machine à chaque occasion mais les marchés où le C3 répond aux besoins”, justifie Christian Olivieri. Soit, une partie du grand public mais aussi les postes en entreprises et administrations, les portables ainsi que les serveurs. Le constructeur de serveurs Web en rack GreenServ a d’ailleurs adopté le C3 pour ses faibles consommation et dégagement de chaleur. “Les C3 ne nécessitent même pas de radiateur”, confirme Jean-Christophe Agobert, directeur marketing de Bacata, l’importateur du C3 en France.

Un marché français frileux

Pourtant, alors que le C3 est bien distribué en Asie, à l’Est et dans certains pays européens comme l’Allemagne (Fujitsu-Siemens, Baur) et l’Angleterre (Dixons), le processeur de VIA se fait discret en France. S’il n’a pas d’explication rationnelle, Christian Olivieri avance une constatation : “J’ai l’impression que les intégrateurs français sont peut-être plus frileux qu’ailleurs. Il est plus facile de suivre le discours marketing d’Intel et d’AMD ? qui certes en revient ? sur la course à la fréquence plutôt que de s’engager sur une politique centrée sur les besoins réels”. C’est pourquoi le directeur marketing de VIA France n’a pas d’objectifs précis à tenir mais une infiltration progressive auprès des intégrateurs et, donc, du public. “Nous visons les 5 à 10 % du marché mondial”, précise Christian Olivieri. Du côté national, en se positionnant comme importateur exclusif pour le moment, Bacata voit dans cette opportunité “un pari sur l’avenir”. L’importateur s’avoue déjà plutôt satisfait de son choix. “Nous écoulons plus de C3 que prévu”, lâche Jean-Christophe Agobert. Soit plus d’un millier de pièces par mois. Les clients finals sont bien sûr les intégrateurs de PC (à titre d’exemple, Eridan aurait commandé 100 puces pour le CNRS) mais aussi “les systèmes embarqués comme les appareils à débit de boisson”, selon le porte-parole de Bacata.

Si le C3 répond donc à la plupart des besoins, VIA ne peut cependant se laisser “distancer” par les leaders du secteur. Un C3 à 866 MHz gravé en 0,13 micron pour socket 370 débarquera dans les prochaines semaines. Et la roadmap du constructeur Taiwanais indique une version au nom de code Nehemiah cadencée de 1 à 1,3 GHz et programmée pour la fin de l’année. L’Athlon 1,5 GHz devrait alors être disponible tandis qu’Intel navigue désormais au-delà des 2 GHz.


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