Les revendeurs Apple se concentrent

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La firme Allemande Cancom Systems a pris 60 % de participation dans le réseau de revente britannique Multiple Zones. Dans le même temps en Australie, sept des plus gros revendeurs ont fusionné. Les réseaux de vente Apple sont-ils en voie de concentration ? La constitution d’une Europe de revendeurs Apple est en tout cas sur les rails.

La semaine dernière, le plus gros revendeur Apple d’Allemagne, Cancom Systems a investi près de 8 millions de francs dans le leader de la vente par correspondance britannique Multiple Zones, obtenant ainsi 60 % du capital. Les deux sociétés combinées réalisent un chiffre d’affaires de près de 900 millions de francs. Hier, aux antipodes, sept des plus gros revendeurs Apple australiens ont annoncé qu’ils se regroupaient au sein d’une société unique. La nouvelle entreprise ne porte pas encore de nom, mais est déjà évaluée à 800 millions de francs. Elle représentera jusqu’à 50 % du chiffre d’affaires d’Apple dans le pays. Elle étendra sa présence dans tous les centres commerciaux d’importance, en ouvrant de nouveaux Centres Apple notamment à Sydney. Mais qu’est-ce qui prend donc les revendeurs Apple ?

“Nous avons une croissance à deux chiffres depuis l’arrivée de l’iMac”, explique Craig Rispin, le porte-parole du nouveau groupe Australien. “Pour gérer cette croissance, nous avons décidé de consolider les achats, le support technique et le marketing”. Même son de cloche en Europe, où Max Wright, le fondateur de Multiple Zone, pense que les consommateurs bénéficieront du rachat opéré par Cancom. “En termes de puissance d’achat et de puissance marketing, c’est très positif. Les jours des revendeurs d’informatique de taille moyenne sont comptés. Il vous faut être petit et orienté sur une niche de marché ou bien grandir”.

Et pour grandir, il faut compter sur Cancom : ce leader d’outre-Rhin est déjà présent en Suisse, en Autriche au travers de sa marque et en France depuis le rachat en novembre 1999 de MacZone et PCZone. Mais son plan de bataille ne s’arrête pas là : ses prochaines cibles, après le Royaume-Uni, sont clairement identifiées. L’Espagne, l’Italie, le Benelux et la Scandinavie sont visés. Objectif avoué, devenir le leader européen. “Apple a besoin d’une locomotive en Europe”, explique Max Wright. “Nous allons construire un business international, avec des agents locaux dans chaque région”.

Ce fonctionnement permet une réduction importante des coûts : tous les achats sont centralisés, ce qui permet de les “massifier”. Quant au stock, il n’est pas réparti et dévoreur d’espace. Les magasins sont livrés au “fil de l’eau”. Conséquence, la société dispose de la trésorerie pour assurer son service client.

Reste un problème : la réactivité d’Apple Europe. “Les rumeurs sur les problèmes de stocks d’Apple sont fondées”, explique Wright. “L’année dernière, il y a eu un moment où l’approvisionnement des PowerBook était très faible. Quelques centaines sont apparus et parce que nous avions la trésorerie, nous avons pu les acheter presque tous”. Et d’ajouter au sujet de l’avenir de la distribution : “Apple Europe ira bien tant que la compagnie se souvient que chacun des marchés européens est différent. S’ils ignorent cela, ils détruiront tout, je pense. Cela fonctionnera tant qu’ils continueront à comprendre et à respecter les différences”. Selon le cabinet d’étude IDC Europe, Apple est l’un des seuls américains à se souvenir que l’Europe est faite de plusieurs pays, tous avec des langues différentes et des canaux de distribution différents.

Pour en savoir plus :

* Le site de Cancom (en allemand)

* Le site de Multiple Zones (en anglais)


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