Les start-up françaises sont mal préparées

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E-start, société paneuropéenne destinée à mettre à la disposition de start-up déjà constituées, toute l’assistance, le conseil et le financement qu’elles souhaitent afin d’accélérer leur développement, arrive en France. Au travers de sa stratégie de recherche du meilleur projet, c’est l’occasion de faire le point sur les projets à la mode et sur la spécificité française.

Dotée d’un budget de 45 millions de dollars, la société e-start, déjà présente dans 7 pays européens et qui vient de s’implanter en France, se définit comme accompagnateur de start-up. Autrement dit, elle découvre les jeunes entreprises prometteuses et les présente aux “capitaux-risqueurs”. Ces derniers ont la particularité d’être partenaires de e-start. Parmi ces fonds, on peut trouver des sociétés comme Atlas Ventures, Amadeus, Nokia Ventures… Des sociétés qui, à elles seules, pèsent 1,5 milliard de dollars.

Afin de donner aux start-up sélectionnées toutes les chances de lever des fonds auprès de ces capitaux-risqueurs, e-start s’est entourée de 60 partenaires spécialisés dans la prestation de services conseils en Europe tels que Arthur Andersen, Kahn & Associés…

Depuis la création de la société en 1999, 5 start-up ont été accompagnées par e-start. Arnaud Quintin, directeur France d’e-start, estime que seuls trois critères sont à retenir quant aux start-up à soutenir. En premier lieu, il s’agit de s’assurer du caractère international ou européen de la société. “Il faut aujourd’hui que la société puisse croître de façon rapide en dehors de ses frontières nationales. Un projet franco-français n’aurait pas la cote auprès des investisseurs”, indique-t-il. Le deuxième point se trouve dans l’âme même de l’entreprise. A savoir, que l’expérience et la cohésion de l’équipe dirigeante est un atout majeur. “On regarde le parcours de chacun et voir quels types de partenariat ils ont déjà noué”, ajoute Arnaud Quintin, avant de conclure que le dernier point se situait dans le business model. “Désormais, les projets du type site B-to-B ou portail généraliste n’attirent plus les capitaux-risqueurs. Nous sommes clairement dans une optique du neuf, tant sur la technologie que sur le business-model.

Dans ce contexte là, les entreprises françaises ne semblent pas pour autant en difficulté. Pourtant Arnaud Quintin note tout de même que la French Touch doit se battre contre un environnement défavorable. “Nous avons en France un marché assez fermé où tout fonctionne autour d’un réseau plutôt difficile d’accès, à la différence de l’Angleterre. De plus, la fiscalité n’est pas toujours à l’avantage des sociétés qui la perçoivent comme étant contraignante. Enfin, le dernier point réside dans la faible rémunération des dirigeants, de fait inférieure à celles des autres pays”.

A l’environnement défavorable s’ajoute aussi les défauts propres aux entrepreneurs dont les dossiers de présentations de leurs entreprises laissent souvent à désirer. “Nous constatons au niveau des entrepreneurs français un problème de présentation lié souvent à un manque de préparation. L’entrepreneur français n’a toujours pas compris l’importance de communiquer sur son entreprise. Il faut un discours simple, montrer que l’on sait de quoi on parle et mettre ses compétences en avant”, insiste le directeur d’e-start. Arnaud Quintin précise à ce titre que les américains développent 3 méthodes pour communiquer sur leur entreprise, le “speech” de moins d’une minute, un dossier de 10 pages et enfin un business-plan ne dépassant pas 30 pages.

Sur 50 dossiers français étudiés par e-start en 2 mois, seules six entreprises sont suivies de près. Sur ce chiffre, e-start n’en retiendra vraisemblablement qu’une ou deux.

Pour en savoir plus : e-start


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