Les start-up séduisent encore les investisseurs

Mobilité

Les montants investis dans le capital-risque en France ont atteint 3,4 milliards de francs sur les six premiers mois de l’année, soit une progression de 143 % par rapport au semestre précédent. L’e-krach d’avril ne semble donc pas avoir freiné les investissements en direction des start-up.

Malgré les oiseaux de mauvais augure qui se sont fait entendre lors de la correction boursière intervenue au printemps, Internet n’a pas perdu les faveurs des investisseurs. En témoigne le dernier indicateur du secteur réalisé par le leveur de fonds Chausson Finance. Les montants investis dans le capital-risque en France ont atteint 3,4 milliards de francs sur les six premiers mois de l’année, soit une progression de 143 % par rapport au semestre précédent. C’est quatre fois le chiffre du premier semestre 1999 et… 13 fois celui de la même période de 1998, souligne l’indicateur Chausson Finance. Ainsi, au cours de ce semestre, 263 start-up ont été financées, soit une augmentation de 73 % par rapport à la seconde moitié de 1999.

La correction boursière, si elle a contribué à une plus grande sélectivité de la part des investisseurs (voir édition du12 mai 2000), n’a en revanche pas entraîné de baisse des fonds apportés par le secteur du capital-risque. Le montant moyen investi passe ainsi de 9,3 à 13 millions de francs. Les investisseurs, plus sérieux dans leur choix, donnent aujourd’hui plus de moyens aux entreprises pour se développer sur une plus longue échéance. Les entreprises lèvent ainsi des fonds permettant un développement sur 15 ou 18 mois, contre 6 à 9 mois auparavant. Paradoxalement, cet investissement à plus long terme, avec une mise de fonds bien plus élevée, cherche à raccourcir le développement du produit pour donner encore plus de temps à l’entreprise naissante pour devenir rentable.

Les chiffres du premier semestre confirment aussi la prépondérance d’Internet dans les investissements, avec un total de 2,36 milliards de francs, soit 69 % des montants investis. Toutefois, le secteur du B to C, que l’on disait en mauvaise forme et dénigré par les investisseurs, a en fait toujours les faveurs des investisseurs puisqu’il représente 20 % des investissements contre 11 % pour le B to B. L’ensemble connaît une croissance de 435 % pour un investissement représentant 1,05 milliard de francs. Pour Christophe Chausson, président de Chausson Finance, cette exagération des investissements en B to C ne devrait pas persister. La tendance devrait à terme, selon lui, s’équilibrer, voire s’inverser en faveur du B to B.

Deux secteurs connaissent sans surprise de forts taux de croissance. Les télécoms progressent en effet de 88 % ainsi que le secteur santé/biotech/e-santé, avec un taux de croissance de 43 %. Le logiciel, s’il est le deuxième secteur de prédilection des investisseurs après celui du commerce électronique, n’affiche toutefois qu’une croissance de 16 %.

Reste tout de même que les sociétés technologiques sont très présentes dans le top 10 des tours de tables les plus importants, à l’image d’iMédiation qui a levé 364 millions de francs, d’Algety Telecom, d’Opteway ou encore Lexiquest. Le B to C, pas encore moribond, se place confortablement et aligne de belles réussites avec Aquarelle, TravelPrice ou Promovacances-FTD.

Pour en savoir plus : Chausson Finance


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