L’Europe se convertit à marche forcée à l’externalisation

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L’externalisation sera, selon Gartner, une tendance majeure en Europe pour les années à venir. Parallèlement, la délocalisation se développera. Bien sûr, l’emploi n’en sortira pas indemne.

Lors de la rituelle conférence de printemps organisée à Barcelone par le Gartner Group à l’intention des directeurs informatiques européens, le cabinet d’études a réaffirmé sa conviction de voir l’externalisation gagner du terrain en Europe au cours des prochaines années (voir édition du 5 mars 2004). En 2004, il prévoit que ce segment du marché des services informatiques progressera de 3,1 %, progression qui s’accélérera les trois années suivantes jusqu’à atteindre 8 % en 2007. Il semble qu’en 2003, le marché européen de l’externalisation ait enregistré un point d’inflexion. En effet, sur les quinze projets d’externalisation d’un montant d’un milliard de dollars signés dans le monde en 2003, dix l’ont été par des entreprises européennes alors que, de 1989 à 2003, celles-ci avaient signé quatorze contrats de ce volume. La Grande-Bretagne est en pointe dans ce domaine : sur les dix contrats conclus en 2003, cinq l’ont été par des entreprises britanniques et trois par des entreprises françaises, ce qui amène Gartner a conclure que ces dernières ont désormais surmonté leurs réticences culturelles vis-à-vis de l’externalisation.

Les limites de l’offshore

Le corollaire de cette tendance sera un recours massif à l’offshore, c’est-à-dire la délocalisation des services dans des pays émergents où le coût de la main-d’oeuvre est moindre par rapport à celui des pays développés. Gatrner prévoit ainsi que, d’ici à 2005, 30 % des principales entreprises européennes feront appel à l’offshore. Premiers bénéficiaires de ce mouvement : la Chine, l’Inde, la Russie et, dans une moindre mesure, les pays d’Europe de l’Est dont notamment la Hongrie, la République tchèque et la Pologne. Cependant, Gartner précise que l’offshore, censée offrir des services de qualité équivalente à un moindre coût, est loin d’être un chemin pavé de roses. Et 2004 sera, prédit-il, l’année de la désillusion vis-à-vis de cette pratique, avec les premiers témoignages d’échecs. Mais la dynamique est enclenchée, ce qui amène le cabinet d’études à prédire que pas moins de 25 % des emplois des secteurs technologiques des pays développés seront délocalisés dans les pays émergents d’ici 2010.


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