LibertySurf mise sur l’ADSL sécurisé

Mobilité

Si l’offre ADSL grand public que LibertySurf lance ces jours-ci ressemble à celle de ses concurrents en termes de tarifs et de débits, elle se distingue par la présence d’un logiciel d’antipiratage susceptible de garantir la sécurité du système de l’abonné. En jouant la carte de la sécurité, LibertySurf cherche à se démarquer sur un marché dépendant des condition techniques et tarifaires de France Télécom.

LibertySurf vient de lancer deux offres ADSL sous forme de packs tous les deux compatibles PC et Mac : un “pack résidentiel” destiné au grand public et un “pack pro” en direction des professionnels. Le pack grand public présente des caractéristiques techniques et tarifaires similaires aux offres concurrentes de Wanadoo, Club-Internet, Infonie, etc. : pack modem à 995 francs et abonnement mensuel à 295 francs pour une liaison à 512 Kbits/s en voie descendante et 128 Kbits/s en voie montante. L’accès à Internet s’appuyant sur le service Netissimo 1 de France Télécom. Quant aux tarifs, ils s’alignent sur ceux de la concurrence (à l’exception notable de Mangoosta qui a récemment augmenté ses tarifs, voir édition du 21 mars 2001) même si Albin Serviant, le directeur marketing du FAI, a reconnu que l’offre se faisait à perte. “Ce n’est pas un secret, cette offre n’est pas rentable”, a t-il déclaré à l’AFP sans toutefois préciser le niveau des pertes. L’intérêt de l’offre est avant tout de “marquer notre présence sur le marché de l’ADSL, et un investissement stratégique”, précise Bertrand De Poly, responsable du projet ADSL. Avec pour objectif final d’accaparer 20 % du marché ADSL en France. Le service est lancé sur Paris, les Hauts-de-Seine, Lyon, Lille et Strasbourg avant d’être étendu au reste de la France dès septembre prochain.

Pour se distinguer de la concurrence, LibertySurf a décidé de jouer une carte que les autres FAI semblent négliger. Celle de la sécurité. En effet, un accès ADSL permet de rester connecté en permanence avec un numéro d’adresse IP qui n’est renouvelé qu’occasionnellement (toutes les 24 heures en Netissimo 1). Des conditions susceptibles d’attirer les pirates d’autant plus ravis de visiter votre disque dur que les transferts de données pourraient se faire en haut débit. La filiale de Tiscali a donc décidé de joindre le logiciel anti-intrusion ZoneAlarm de ZoneLabs à son pack. Une application reconnue pour son efficacité. “Le seul moyen de sécuriser un système se situe au niveau local, c’est-à-dire directement sur la machine de l’utilisateur”, explique Bertrand De Poly, “et puis, même si c’est un logiciel gratuit, nous évitons à l’utilisateur la démarche d’aller le télécharger lui-même”. Si le mode d’emploi de l’installation de ce firewall est fourni au moment de l’inscription, sa configuration est en revanche laissée aux bons soins de l’utilisateur qui devra, si nécessaire, se tourner vers le service technique de ZoneLabs. “Le logiciel est cependant très simple à configurer”, assure Bertrand De Poly. Si la stratégie du FAI est en partie commerciale, elle a le mérite de sensibiliser l’internaute à la sécurité en ligne.

La concurrence assez peu mobilisée sur le sujet de la sécurité

Ce n’est pas le cas des concurrents. “Nous ne proposons rien dans ce sens”, avoue Jean-Yves Bouchez, responsable de la communication du secteur ADSL pour Wanadoo et France Télécom, “LibertySurf a un peu d’avance sur nous mais les équipes techniques de Wanadoo travaillent sûrement à une solution.” Mais rien de concret pour le moment. Même discours du côté d’Infonie. “Nous n’offrons pas ce type de solution et ne proposerons rien dans l’immédiat”, confirme Hervé Verhoosel, responsable de la communication d’Infonie. “Cependant, si le risque est encore très limité pour un particulier de se faire pirater, nous réfléchissons à ces questions de sécurisation. Il va nous falloir travailler plus vite que les pirates pour anticiper leurs tentatives d’intrusion.” Un discours bien naïf, nous semble-t-il à VNUnet, tellement les connexions haut débit actuelles sont déjà la cible d’attaques régulières, même si elles sont rarement dangereuses. Bref, l’utilisateur a tout intérêt à assurer lui-même sa protection.

Un modem “hors normes”

Quant au modem fourni par LibertySurf, il se distingue aussi du désormais traditionnel SpeedTouch Manta d’Alcatel. Il s’agit du Diva 2430 SE de EICON, un modem qui présente l’avantage d’être parfaitement compatible avec les DSLAM (les centraux ADSL de France Télécom) équipés en matériel Alcatel et ECI. Compatible Windows, Mac, Unix/Linux, le modem se connecte au choix en USB ou en Ethernet. A l’exception des drivers USB à installer, son activation est automatique et ne nécessite aucune installation d’un logiciel de communication. Sa configuration s’effectue par l’intermédiaire d’un client Web. Comme certains modems RTC, le Diva 2430 SE est “flashable”, ce qui permettra de le faire évoluer en même temps que le réseau ADSL. Enfin, ses fonctions de routeur-serveur DHCP et de translation d’adresse NAT/PAT le rendent “invisible” aux yeux du réseau. Encore un bon point pour la sécurisation du système de l’utilisateur. Et si France Télécom s’obstine à ne pas “valider” d’autres produits que celui d’Alcatel pour se relier en ADSL, signalons simplement que le Diva a été choisi, entre autres, par Wanadoo Belgique pour son service d’accès.

Pour en savoir plus :

* Le site de LibertySurf

* Le site de ZoneLabs (en anglais)


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