L’iMac bénéficie d’un nouveau ‘design’… de ses tarifs

Mobilité

MacWorld Tokyo a permis à Steve Jobs de faire le point sur le dernier-né de la firme à la Pomme. L’iMac à écran plat connaît un succès imprévu. Apple n’a été pour l’instant capable d’atteindre que 63 % de son objectif initial. Conséquence : les résultats financiers pourraient en pâtir. La hausse des prix des composants et la forte demande obligent à une augmentation de ses tarifs de 150 euros !

Une hausse des prix de près de 7 % en moyenne sur l’ensemble de la gamme du nouvel ordinateur grand public de la firme à la Pomme. Le nouvel iMac G4, équipé d’un écran TFT et de 128 à 256 Mo de mémoire vive suivant les modèles, soufre d’un renchérissement des coûts de composants, principalement l’écran plat de 15 pouces (dont les prix ont augmenté de 25 %) et la mémoire vive SDRAM (dont les coûts ont presque triplé). Du coup, les tarifs hors taxes des 3 modèles se voient appliquer une hausse de 150 euros ! Une augmentation qui intervient alors même que la machine d’Apple bénéficie d’un engouement sans précédent, selon les dires du PDG de la firme. Près de 125 000 exemplaires de la machine ont pu être livrés depuis son lancement, soit 63 % de l’objectif de 200 000 iMac annoncé. Une contre-performance non excessive, à l’inverse de ce qui a pu être pensé : l’iMac G4 était en effet en période de montée en cadence de sa production, qui nécessite toujours des ajustements fastidieux (voir édition du 19 mars 2002). Steve Jobs n’a pas pipé mot sur les raisons du retard (voir édition du 20 mars 2002). Mais Apple subit sûrement le contrecoup de sa stratégie de production, choisissant, pour la première fois, d’externaliser la fabrication d’un ordinateur de bureau. Quelques dérapages d’industrialisation ainsi que des contraintes sur certains composants ont sans doute eu aussi leur part. L’importance de la demande a fait le reste en donnant une impression de pénurie excessive d’iMac.

Des hausses de prix différentes selon les pays

Apple va quand même chercher à en profiter : si la firme n’appliquera pas les nouveaux tarifs à ses clients qui ont déjà commandé l’iMac, les nouvelles commandes lui permettront de se préserver contre son manque à gagner. En substance, sa marge et ses profits ne devraient pas en pâtir. La petite augmentation ne semble pas effrayer les utilisateurs interrogés par nos confrères américains à Tokyo. Les clients d’Apple semblent accepter philosophiquement cette altération du prix, qui selon les responsables de la firme reste dans la fourchette de ce que font ses concurrents. “Le changement des prix arrive. C’est déjà arrivé avec le G3. Et quand les prix sont bas, nous en bénéficions aussi. Donc je ne pense pas que ce soit un drame”, a indiqué ainsi Mayumi Abe, un aficionado de longue date, à nos confrères de MacCentral. “Je n’aime pas cette hausse de prix, mais si elle est temporaire, alors qu’il en soit ainsi”, souligne un autre. Mais les clients japonais sont trop bien élevés vis-à-vis d’Apple : il faudra que celle-ci leur explique pourquoi ses prix ont augmenté de l’équivalent de 150 dollars au Japon, quand ils n’ont gonflé que de 100 dollars aux Etats-Unis. Idem en Europe, où les prix du nouvel iMac ont augmenté de 132 dollars (l’équivalent de 150 euros) ! Un différentiel hors taxes, inexpliqué pour le moment.

Le problème de production semble résolu

Enfin, la bonne nouvelle du salon reste le fait que le nouvel iMac sort à raison de 3 à 5 000 unités par jour, soit le rythme de production normal prévu par le contrat de la firme avec son sous-traitant taiwanais. Et la pleine production n’a toujours pas été atteinte ! Les différents commentaires d’Apple n’ont toutefois pas rassuré les experts financiers qui ont revu à la baisse leurs estimations de ses résultats trimestriels, les évaluant à 1,35 milliards de dollars au lieu de 1,45. Aucune information n’a filtré sur le sujet pour le moment, mais si vraiment le trimestre était mauvais pour la firme, le prochain devrait voir une amélioration substantielle de ses revenus. La raison ? Les livraisons de l’iMac sont désormais sur les rails.


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