Lindows, la marque qui valait 20 millions de dollars

Mobilité

Microsoft a mis un terme à ses démêlés juridiques avec l’éditeur Lindows en rachetant la marque de son concurrent.

Microsoft vient de mettre un terme à la polémique entretenue depuis plus de trois ans avec Lindows en rachetant la marque de son concurrent pour la coquette somme de 20 millions de dollars. De plus, l’accord prévoit que la société éditrice d’une distribution Linux, qui sera prochainement renommée Linspire, pourra profiter de la technologie de gestion numérique des droits de Microsoft. Il met également un terme à toutes les actions menées en justice par les deux protagonistes de cette affaire. Parallèlement à cette négociation, le distributeur Linux a annoncé son imminente introduction à la Bourse de New-York. Quelque 4,4 millions de titres seront émis pour un montant total d’environ 40 millions de dollars.

Un scénario à rebondissements

Le feuilleton judiciaire commence en décembre 2001, lorsque Microsoft porte plainte contre Lindows, éditeur d’un système d’exploitation appelé alors LindowsOS. La contraction des termes Linux et Windows n’est pas du goût de l’éditeur de Redmond qui lui reproche d’être trop proche du nom de son propre système d’exploitation, Windows. S’ensuit une bataille juridique des deux côtés de l’Atlantique : Microsoft est dans un premier débouté de sa plainte (voir édition du 20 mars 2002) ; l’éditeur lance alors une nouvelle offensive (voir édition du 5 avril 2002) qui se solde par un nouvel échec : la justice américaine autorise Lindows à utiliser sa marque.

Deux ans plus tard, le procès se déplace outre-Atlantique. Les juges néerlandais et suédois, contrairement à leurs homologues américains, estiment qu’il y a bien violation de la propriété intellectuelle de Microsoft compte tenu de la similarité des deux noms, ce qui amène le distributeur Linux à rebaptiser son système « Linspire » – mais en Europe uniquement (voir édition du 14 avril 2004). Dernier épisode de cette saga : Microsoft se voit débouté de ses demandes par les autorités judiciaires américaines et néerlandaises en mai 2004. C’est donc après avoir utilisé toutes ses cartouches juridiques que le géant des logiciels s’est résigné à sortir l’arme ultime : le règlement à l’amiable avec une importante somme d’argent pour enterrer la hache de guerre.