L’informatique, moteur de la réactivité des entreprises

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IBM a réalisé une vaste enquête sur les attentes des patrons en matière d’informatique. Le Gartner Group y voient surtout un plaidoyer pro domo pour la stratégie “computing on demand” de Big Blue.

Selon une étude réalisée par l’entité conseil d’IBM, les patrons, tant américains qu’européens, privilégieraient désormais la croissance à la réduction des coûts et chercheraient à doter leur entreprise d’une organisation plus flexible, apte à s’adapter rapidement aux évolutions de leur environnement. De cette étude, qui repose sur des entretiens avec plus de 450 directeurs généraux d’entreprises moyennes et grandes, il ressort en effet que pour 80 % des personnes interrogées la priorité est de développer le chiffre d’affaires. Les deux tiers d’entre eux estiment que cette croissance sera alimentée par la mise sur le marché de produits innovants et 80 % des répondants font de la capacité de leur entreprise à répondre rapidement aux changements de son écosystème une de leur priorité.

Autre enseignement : selon ces patrons, la concurrence et les tendances du marché sur lequel leur entreprise évolue sont des facteurs plus importants à saisir et à prendre en compte que les problèmes relatifs à la relation au client, comme de s’assurer de sa loyauté ou d’en avoir une connaissance plus intime. Or, et c’est là que le bât blesse, seuls 13 % des patrons interrogés estiment que l’organisation de leur entreprise la rend “très réactive” aux évolutions du contexte concurrentiel et moins de 10 % pensent qu’elle est apte à réagir à ses trois principales menaces. D’autre part, 60 % des personnes interrogées pointent comme un des éléments susceptibles d’empêcher l’entreprise de s’adapter aux évolutions de l’environnement le fait de ne pas disposer en interne, au moment voulu, de toutes les compétences leur permettant de réagir. Sans grande surprise, IBM voit dans cette étude une confirmation de sa stratégie dite “computing on demand” dont le principe est de fournir en temps réel aux entreprises les ressources informatiques dont elles ont besoin et de ne facturer que ce qu’elles consomment (voir édition du 13 janvier 2004).

La crédibilité en question

Autre entreprise de conseil high tech, le Gartner Group a immédiatement réagi à la publication de cette étude. Il y voit la volonté d’IBM de se situer désormais très en amont dans la “chaîne de la demande” en matière de service informatique et en particulier d’évincer les intermédiaires que sont les sociétés de conseil. Il y a quelques années, en effet, plusieurs “big five” du conseil high tech ont été rachetés par de grands fournisseurs informatiques. L’entité conseil d’IBM est ainsi issue du rachat en 2002 de l’un d’eux, PricewaterhouseCoopers Consulting. Et dès lors se pose la question de leur crédibilité. C’est ce que fait Gartner pour qui l’étude en question, bien que présentée comme non biaisée, procède en fait d’une opération de promotion de la stratégie de “computing on demand” d’IBM. Gartner la critique également sur le fond. Le cabinet reconnaît bien volontiers l’importance pour les entreprises d’améliorer leur capacité à réagir aux évolutions de l’environnement et le rôle prééminent de l’informatique dans cette recherche de réactivité. Mais encore faut il faire les bons choix.

Ainsi, selon Gartner, les projets visant à accélérer la mise sur le marché de produits innovants peuvent se révéler peu rentables pour les entreprises, contrairement à ce que préconise IBM. Et de conclure sur ce que doit être le rôle primordial d’un système d’information, à savoir aider à détecter les évènements critiques relatifs à l’activité de l’entreprise.


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