LinkedIn coupé en Russie : juste le début du cauchemar pour Microsoft ?

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Les autorités russes se montrent fermes à propos de la coupure de l’accès à LinkedIn sur le territoire. Mais Microsoft (nouveau propriétaire du réseau social BtoB) risque encore plus gros.

Il ne faudra pas compter sur LinkedIn pour étendre son réseau professionnel de contacts en Russie.

Par décision de justice et sur pression du Kremlin, les détenteurs de smartphones ne peuvent plus télécharger l’application sur les déclinaisons russes des places de marché Apple App Store et Google Play. Tandis que l’accès Web au réseau social BtoB américain est résolument coupé.

La série noire se confirme pour LinkedIn en Russie, sanctionné pour ne pas respecter la législation locale consistant à héberger les données personnelles de ses membres sur le territoire national.

Une décision de justice avait été confirmée en appel en novembre dernier et l’agence de supervision des communications et des médias (Roskomnadzor) veille à ce que l’inaccessibilité du service BtoB dans le pays soit clairement établie.

En cours d’intégration chez Microsoft, LinkedIn se déclare “déçu” par la fermeté des autorités russes selon le New York Times.

“Cela bloque l’accès à nos membres en Russie [on en recenserait 5 millions, ndlr] et les entreprises qui utilisent LinkedIn pour faire croître leur business”, selon Nicole Leverich, porte-parole de la société Internet californienne. La déclinaison russe de LinkedIn avait été inaugurée en juin 2011.

Toutes les multinationales du numérique sont préoccupées : Alibaba, Apple, Booking.com, eBay, Google et Uber ne veulent pas subir le même sort que LinkedIn. Alors ils acceptent de transférer les données de leurs membres dans des centres de données installées sur le territoire russe.

Selon Silicon.fr, Microsoft, qui est en train de s’approprier LinkedIn, pourrait tomber sur un pépin encore plus sérieux sur fond de multiples tensions (géo-stratégiques, accusations de désinformation et d’attaques informatiques en lien avec l’élection présidentielle) entre les Etats-Unis et la Russie.

Selon les services de renseignement américain, Vladimir Poutine exigerait que l’on supprime l’usage de Windows et d’Office en faveur de solutions logicielles russes.

Et là, on touche à des lignes de produits plus sensibles pour la firme de Redmond susceptibles d’affecter son business  global.

(Crédit photo : People’s friendship university of Russia via LinkedIn.com)

 


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