Linky : le déploiement du compteur électrique communicant trop hâtif, selon UFC-Que Choisir

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UFC-Que Choisir proteste contre le délai réduit du test du compteur nouvelle génération d’ERDF (Linky) qui implique la transmission de données de consommation électrique par CPL et GPRS.

Tout va trop vite dans l’adoption du compteur électrique communicant ERDF sous la marque Linky, selon UFC-Que Choisir.

L’association de défense des consommateurs proteste contre “la fuite en avant” visant à accélérer le processus de déploiement.

Elle dénonce la publication “en catimini” d’un décret pour raccourcir l’expérimentation et passer à la phase commerciale plus rapidement.

Le test devra s’achever le 31 décembre 2010 au lieu de l’échéance du 31 mars 2011 initialement prévue.

Un délai trop court au regard des enjeux liés à Linky, estime UFC-Que Choisir.

Ce test, mené sur certaines plaques de territoires (30 000 compteurs sur Lyon et Tours), a trois objectifs : “tester le processus de déploiement”, “dresser un bilan technique” et de “vérifier l’impact éventuel de Linky sur la maîtrise de la consommation d’électricité”.

Mais UFC-Que Choisir a relevé plusieurs anomalies : planning de pose non respecté, des compteurs qui disjonctent de manière anormale, absence de transmission des données (pourtant un des points forts justifiant le renouvellement des compteurs passifs) et un coût élevé (“entre 120 euros et 240 euros par compteur à la charge du consommateur”).

Le volet du coût d’installation laisse planer un doute : sur le site Internet de Linky, il est précisé dans la partie FAQ que “le compteur Linky et son installation entrent dans les coûts de gestion du réseau (…) Ils ne vous seront par conséquent pas facturés (…)L’intervention sera donc sans aucun frais pour vous et ne modifiera pas votre contrat avec votre fournisseur d’électricité, quel qu’il soit.”

Avant d’envisager une généralisation du dispositif, l’association de défense des consommateurs demande un “prolongement de l’expérimentation des compteurs Linky” jusqu’au 30 juin 2011, un bilan économique et technique “complet et transparent” et un “financement partagé” entre ERDF, les fournisseurs et le consommateur.

Le compteur communicant Linky est censé apporter aux clients des données sur la consommation électrique de leur foyer en temps réel. Des informations utiles au nom de la “lutte anti-gaspi” de l’énergie.

Pour assurer la remontée des données entre le client final et ERDF, Linky s’appuie sur le CPL (“courant porteur en ligne”) pour acheminer les données des compteurs au concentrateur d’un côté et sur une connexion GPRS entre le concentrateur et le système informatique d’ERDF.

Selon un article instructif disponible sur le site gouvernemental Proxima Mobile, ERDF prévoit un déploiement national de Linky sur cinq ans (35 millions de “compteurs communicants” dans la période 2013-2017) dans une vision smart grid.

“À partir de septembre 2010, la charge de proposer des services reviendra aux prestataires commerciaux : EDF, Poweo, Direct Énergie, GDF-Suez…Ils pourront, par exemple, concevoir des abonnements en fonction de la consommation réelle d’électricité, proposer des services de visualisation de la consommation, pièce par pièce, voire appareil par appareil”, peut-on lire.

Tout s’accélère vraiment en cette rentrée…

Compteur Linky : plutôt “made in France”
Pour l’expérimentation sur 300 000 compteurs, ERDF a retenu trois fabricants de compteurs sur appel d’offres : deux ont des usines en France (Landis et Gyr à Montluçon, Actaris-Itron à Chasseneuil du Poitou) et le troisième est slovène (Iskraëmeco).  Pour le  remplacement de compteurs et l’installation du Linky au domicile des clients ERDF, des prestataires sous-traitants interviennent dans le cadre de l’expérimentation. C’est le cas de d’Energy 30 (groupe PC 30), à l’origine spécialiste des dépannages informatiques à domicile ou en entreprise.

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