L’intégration sans peine… mon oeil !

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Dans les mois qui viennent apparaîtront de plus en plus d’outils d’intégration applicative basés sur des standards, notamment ceux des services Web. Moins coûteux, ils seront également moins riches fonctionnellement que les plates-formes EAI et peut-être tout aussi complexes à installer. Attention donc à un enthousiasme excessif.

En 2002, un sujet majeur d’intérêt aura été les services Web et la question : “Vont-ils simplifier l’intégration d’applications, voire mettre au rancart les plates-formes propriétaires de type EAI d’éditeurs tels WebMethods, Tibco et consorts ?”

Il est certain que le sujet n’est pas épuisé et qu’il sera très présent en 2003. Il sera certainement alimenté par le lancement d’un nouveau type d’outil d’intégration baptisé par le Gartner Group “Enterprise Service Bus” (ESB), s’appuyant sur des standards : ceux des services Web (Soap, WSDL…), les connecteurs d’applications JCA (J2EE Connector Architecture) ainsi que le langage XML, complétés par des fonctionnalités de transformation et de routage intelligent des messages.

Ainsi l’éditeur Iona Technologies, rescapé des technologies middleware à la sauce Corba, annonce-t-il pour le premier trimestre 2003 un produit encore en cours de développement – nom de code Inferno – qui répond bien au concept d’ESB. A noter également le lancement il y a quelques jours par Cape Clear Software, une start-up fondée par des anciens d’Iona, d’un produit qui s’inspire également de cette philosophie. Et nul doute que les annonces similaires se multiplieront au fil des mois.

La mauvaise réputation des plates-formes EAI

Pour autant, ces outils sont-ils une alternative aux plates-formes propriétaires des spécialistes de l’EAI ? Leurs promoteurs eux-mêmes ne le pensent pas. Le Gartner les préconise pour résoudre les problèmes d’intégration simples, “medium-weight” dit-il, avec tout le flou qui entoure ce terme. Surtout leur prix très inférieur à celui des plates-formes EAI devrait les rendre accessibles à un plus grand nombre d’entreprises.

A ce niveau, une petite remarque s’impose. Il est vrai que les plates-formes EAI traînent une mauvaise réputation : coûteuses à l’achat, coûteuses à l’installation, en frais d’intégration et de consulting, elles ont beaucoup déçu les entreprises. Mais peut-être est-ce la faute des entreprises elles-mêmes qui ont, comme c’est souvent le cas, trop attendu d’outils techniques ? Réorganiser un système d’information autour de la gestion des flux d’informations, par exemple, sera toujours une opération de longue haleine, en premier lieu stratégique et organisationnel. Avec les nouveaux outils de type ESB, les entreprises auront certes des solutions techniques plus abordables. Mais si elles souhaitent en faire la colonne vertébrale de leur système d’information ou les utiliser pour exposer certains de leurs processus à leurs partenaires, elles ne pourront pas faire l’économie de toute la réflexion préalable qui s’impose quand on se lance dans de tels chantiers. Quant à une utilisation purement tactique visant à résoudre des problèmes ponctuels d’intégration applicative, les solutions classiques de type point à point ne sont-elles pas encore plus rentables ?


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