L’Internet gratuit arrive en France

Régulations

La société lyonnaise Groupe Serveur, qui propose déjà l’Internet à 35 francs par mois dans toute la France, va expérimenter une offre d’accès illimité gratuit sur le modèle du britannique Freeserve cet été, à Paris, Lille et Lyon.

L’Internet gratuit ?entendez sans abonnement- tente une percée en France. Thierry Ehrmann, patron du groupe Serveur, une société lyonnaise spécialisée dans la télématique et l’Internet, envisage de lancer avant l’été, un service d’accès illimité sans abonnement pour lequel l’internaute ne paiera que les communications locales. Le modèle éprouvé en Grande-Bretagne, où le fournisseur Freeserve a séduit un million et demi d’abonnés en 6 mois, s’appuie sur un système de rémunération très simple. Le fournisseur d’accès ne demande pas d’argent à ses abonnés mais récupère auprès de l’opérateur de télécommunications sollicité une partie de la somme dépensée en communications téléphoniques pour se connecter à Internet. A cette première rémunération peuvent venir s’ajouter des revenus publicitaires et des revenus générés par une assistance téléphonique payante -à 2,23 F la minute dans le cas du groupe Serveur.

En France, le système sera d’abord expérimenté sur Lyon, Paris et Lille car la société lyonnaise profitera dans ces grandes villes des fibres optiques d’un opérateur étranger pour se connecter à Internet. Celui-ci reversera au groupe Serveur 1 à 2 francs pour chaque heure de connexion utilisant son infrastructure. Comme les internautes consomment en moyenne 20 heures de connexion par mois, cela rapportera 20 à 40 francs par mois au fournisseur d’accès.

Pour le reste de la France, le groupe lyonnais utilise pour l’instant Global Extranet, un service payant de France Télécom qui permet d’offrir une connexion locale sur toute la France. Les tarifs de ce service et l’effondrement du prix de la bande passante (15000 francs par Mbps aujourd’hui contre 100000 francs l’an dernier) lui permettent de proposer un accès illimité à 35 francs par mois pour un abonnement minimum de deux ans.

Pour le reste du territoire, la situation est beaucoup plus problématique. Le groupe Serveur aurait absolument besoin de s’entendre avec France Télécom qui est incontournable pour acheminer des communications en local (l’opérateur étranger qui doit intervenir à Lyon, Lille et Paris va par exemple payer un accès au réseau de France Télécom, sans lequel il pourrait reverser 3 à 4 francs au groupe Serveur). Seulement l’opérateur public qui est aussi fournisseur d’accès avec abonnement payant n’est pas du tout intéressé par le système de reversement qui lui rapporterait beaucoup moins d’argent. Les décisions de l’ART (l’Autorité de régulation des télécommunications) qui veillent au respect de la concurrence pourraient jouer un rôle décisif dans les mois à venir.

D’autant que de nombreuses sociétés réfléchissent à des projets similaires. En Grande-Bretagne, où les accès Internet sans abonnement se multiplient, le constructeur de PC Gateway propose depuis le 15 février dernier un service baptisé Gateway.net auquel n’importe quel britannique peut accéder. Les acheteurs de PC Gateway n’ont qu’à double-cliquer sur une icône de leur ordinateur pour surfer immédiatement sur Internet. Les autres peuvent venir chercher gratuitement un CD d’installation dans un magasin Gateway ou télécharger les logiciels sur le site. Le même projet est à l’étude pour la France et devrait débuter dans les prochains mois. Le couple PC-Accès Internet n’a pas fini de faire parler de lui.

Pour en savoir plus :

* http://www.accesinternet.com.

* http://www.gateway.net.


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