L’intranet, pierre angulaire de l’entreprise

Mobilité

La dernière étude réalisée par IDC tend à montrer que les entreprises françaises investissent dorénavant dans un intranet. C’est d’ailleurs, selon le cabinet d’études, devenu une priorité pour elles. Brainsoft, qui se définit comme un intégrateur Web et qui développe entre autres des projets e-business (sites portails, intranets, extranets), confirme effectivement la tendance, même si son directeur du pôle décisionnel, Patrick Bégout, estime que l’intranet a toujours été la priorité des entreprises en matière de réseaux.

VNUnet : Lorsqu’une entreprise fait le choix d’utiliser le réseau, vers quoi se tourne-t-elle en premier ?

Patrick Bégout :Depuis que les réseaux ont investi l’entreprise, c’est véritablement l’intranet qui est le point de départ de tout projet. Viennent ensuite le site portail et enfin l’extranet. L’entreprise cherche véritablement en premier à rationaliser l’information, à capitaliser le savoir des employés et enfin à intégrer le travail collaboratif.

VNUnet : Qu’est-ce qui justifie ce classement ?

Patrick Bégout :En fait, l’entreprise, avant de s’ouvrir vers l’extérieur, préfère maîtriser déjà en interne son système d’information. Une fois que l’intranet est fiable et solide, l’entreprise peut songer à s’ouvrir en mettant en place un portail et un extranet. Mais surtout, cela s’explique par une croissance naturelle des choses qui est de partager d’abord l’information en interne avant de la faire partager en externe. Tout en sachant que le devenir d’un intranet est d’être intégré dans le site portail de l’entreprise. Le portail devient alors une porte d’accès à l’intranet.

VNUnet : L’approche est-elle différente pour des sociétés de taille moyenne ?

Patrick Bégout :Les PME/PMI viennent à l’intranet de manière plus progressive. D’abord parce qu’aujourd’hui, la mise en place d’un site Web nécessite peu de connaissances et est relativement facile. Ce qui n’est pas le cas pour un intranet qui est tout de même assez complexe.

VNUnet : Qu’y a-t-il de si complexe dans un intranet ?

Patrick Bégout :Tout d’abord, c’est l’organisation du travail dans sa globalité qu’il faut repenser. L’intranet n’est utile que si les connaissances sont partagées. Cela s’appelle la mémoire collective. Désormais les connaissances ne sont plus l’apanage d’une seule personne, mais de toute l’entreprise. On peut alors dire que le bureau devient virtuel. Mais la complexité intervient

surtout au niveau technique qui nécessite de réelles compétences en interne. La mise en place d’un système d’information en interne ne signifie pas qu’il soit ouvert pour tout un chacun. Il faut repenser et redéfinir l’accès à l’information. C’est-à-dire installer par exemple un annuaire de type LDAP pour garantir la sécurité d’accès et la gestion des habilitations. Mais aussi, l’intranet n’est viable que si l’information est disponible. Et dans ce cas, le moteur de recherche est nécessaire. Dès lors, il convient de redéfinir un ensemble de mots-clés qui permettent de décrire tous les éléments diffusés. Cette étape dans l’élaboration d’un intranet est difficile car elle demande d’arriver à trouver un consensus général par domaine métier.

VNUnet : La diversité des architectures internes des sociétés pose-t-elle des difficultés dans la mise en place d’un intranet ?

Patrick Bégout :Il y a aujourd’hui effectivement des architectures diverses au sein des sociétés. L’évolution des techniques fait que l’on observe fréquemment des architectures de type mainframe, avec serveurs d’applications sous Unix et une bureautique Windows sous réseau NT. Malgré ces différences, l’intranet nécessite de pouvoir communiquer entre ces systèmes. C’est là qu’intervient cette notion émergente de l’EAI [Entreprise Application Interface, Ndlr], qui permet communiquer entre des applications hétérogènes. Toutefois, pour les applications qui ont une interface Windows, il sera possible, moyennant quelques aménagements, de les retranscrire pour les utiliser au sein d’un navigateur.

VNUnet : L’intranet et l’hébergement à distance sont-ils compatibles ?

Patrick Bégout :Ce que l’on voit pour le moment, c’est que l’externalisation touche l’Internet mais pas encore l’intranet. Les grands comptes conservent encore dans leurs murs leur serveur. Ce qui n’empêche pas d’avoir recours toutefois à l’infogérance pour certaines tâches.

VNUnet : Aujourd’hui, quel est le coût d’un intranet ?

Patrick Bégout :On peut commencer à 100 000 francs pour la mise en place d’un intranet, mais cela peut aller jusqu’à plusieurs millions de francs. Tout dépend de la complexité du système d’information et de ce que l’on veut en faire. Aujourd’hui, l’intranet est une véritable pierre angulaire de l’architecture interne de l’entreprise et qui peut aller jusqu’à faire le lien entre les applications back-office et front-office.

VNUnet : Quelle sera l’évolution des intranets ?

Patrick Bégout :C’est très difficile de se projeter dans le futur sur ce type de réseaux. Mais sans prendre de risques, on peut imaginer que des débits plus importants permettront une meilleure utilisation de l’intranet et une plus grande rapidité d’accès à l’information. Je pense que l’on se tournera aussi vers une mise à plat du système d’information avec la mise en place d’un accès unique et la disparition du client-serveur.


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