Linux 2.6, conçu pour les applications critiques

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La nouvelle version du noyau de Linux sera disponible le mois prochain. Ses concepteurs l’estiment mûr pour les serveurs de production des entreprises.

Annoncé puis repoussé plusieurs fois, le lancement du nouveau noyau de Linux ? version 2.6 ? devrait finalement intervenir le mois prochain. Il s’agit d’une évolution majeure du système d’exploitation Open source dont l’actuelle version (2.4) date de janvier 2001. Le noyau 2.6 a en effet l’ambition de doter Linux de caractéristiques techniques le mettant en position de s’imposer face aux Unix et à Windows dans les centres de données des entreprises pour l’exécution des applications critiques. Il a par ailleurs été adapté aux systèmes embarqués. Mais c’est incontestablement sur le premier point ? son aptitude à prendre place au coeur de l’infrastructure informatique des plus grandes entreprises ? que sera jugé Linux 2.6. En effet, Linux a jusqu’à présent surtout été cantonné à la périphérie du système d’information, au niveau des sites Web, le plus souvent couplé avec un autre logiciel libre, le serveur Web Apache, ainsi qu’en environnement intranet. Dans un second temps, il a équipé des serveurs d’entrée de gamme de type Intel exécutant des tâches comme la gestion de fichiers, des impressions ou la messagerie. Il lui reste donc à conquérir un bastion de taille, celui des applications stratégiques telles que les PGI, les systèmes de gestion de la relation client ou encore de gestion de la chaîne logistique. Pour cela, Linux doit se renforcer sur tous les plans : stabilité, performances, puissance, disponibilité… En conséquence, Linux 2.6 a été conçu pour gérer les configurations multiprocesseurs, jusqu’à 64 processeurs contre 8 pour la version 2.4. A ce titre, le nouveau noyau est compatible avec l’architecture Numa (Non-Uniform Memory Access) qui améliore la gestion de la mémoire.

Elargir l’offre applicative sous Linux

Autres nouveautés : un support optimisé des processeurs 64 bits d’AMD et d’Intel, le support d’un nombre de threads plus élevé ainsi qu’un adressage plus large. Il reste cependant aux principaux distributeurs Linux à l’intégrer dans leurs suites, ce qui devrait intervenir d’ici à six mois. Il faudra également que les principaux éditeurs de bases de données et d’applications de gestion réalisent le portage de leurs produits sous le nouveau Linux et apportent à leurs clients un support technique pour quelques distributions. IBM a ainsi annoncé il y a quelques jours qu’il proposerait aux ISV (independent software vendors) une assistance de façon à les aider à adapter leurs applications aux architectures 64 bits sous Linux. IBM (voir édition du 14 avril 2003) ainsi qu’Oracle (voir édition du 27 mars 2003) ont déjà mis en place à l’intention des ISV de tels programmes d’aide à la migration sous Linux. Ces initiatives s’inscrivent dans leur stratégie de séduction des PME-PMI, Linux permettant à ces fournisseurs de leur proposer des offres packagées adaptées à leurs moyens financiers. Et c’est peut-être finalement du côté des PME-PMI que le nouveau Linux s’imposera le plus rapidement pour l’exécution des applications critiques. Les grandes entreprises évoluent en effet dans un environnement technique plus complexe qui rend délicate une migration massive et rapide sous Linux.


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