L’iTunes Music Store, un exemple à suivre ?

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Dans une intervention contre une réglementation punitive des échanges de fichiers, Michael Jackson a pris fait et cause pour les initiatives du type iTunes Music Store. Dans le même temps, le magasin en ligne d’Apple reçoit des distinctions et signe des accords avec des labels indépendants.

“Je reste sans voix à l’idée de mettre des fans en prison pour avoir téléchargé de la musique. C’est mal de télécharger illégalement, mais la réponse ne peut pas être la prison.” Ce commentaire de Michael Jackson souligne l’incompréhension de la sphère politique face aux modifications structurelles des marchés devant faire face à la révolution numérique. L’intervention de l’artiste prend place alors qu’une loi, en cours de discussion aux Etats-Unis, prévoit de jeter en prison les individus ayant téléchargé illégalement de la musique. L’ACCOPS Act (Authors, Consumer and Computer Owners Protection and Security Act ? la loi pour la protection et la sécurité des auteurs, des consommateurs et des possesseurs d’ordinateurs) est actuellement soumise à la représentation nationale américaine. Cette décision de légiférer pour réguler le marché, peu habituelle outre-Atlantique, soulève un tollé (voir édition du 22 juillet 2003). La guerre entre les compagnies musicales et les utilisateurs des systèmes de partage de données s’est envenimée récemment après que des étudiants ont été condamnés. “Ici en Amérique, face à l’adversité, nous créons de nouvelles opportunités, pas des lois punitives. Nous devrions regarder les nouvelles technologies, comme le magasin iTunes d’Apple, pour trouver des solutions. De cette manière, l’innovation continuera de faire la réputation de l’Amérique”, a déclaré la star de la pop.

C’est justement le côté innovateur de l’iTunes Music Store (voir édition du 29 avril 2003) qui a été primé par la société de médias AlwaysOn. Le service d’Apple a reçu le prix de l’innovation, AlwaysOn soulignant que la Pomme “fournit la première solution de musique en ligne qui tienne compte des intérêts de la Silicon Valley et de ceux d’Hollywood”. Le problème semble donc résolu sur Mac, mais reste la plate-forme PC sur laquelle se font la plupart des téléchargements illégaux. La rumeur veut que les versions pour Windows d’iTunes et de l’iTunes Music Store pourraient être commercialisées par Apple aux alentours de l’automne. Toutefois, pas de nouvelles de la version européenne de la solution, qui se présente comme un véritable parcours d’obstacles.

Des accords avec les labels indépendants

En attendant, le magasin en ligne ne ralentit pas la cadence : des nouveautés sont ajoutées chaque semaine et Apple a signé un accord avec CDBaby, un distributeurs de labels indépendants, pour proposer plus rapidement des musiques sortant des sentiers battus sur son échoppe numérique. La même démarche a été menée avec Rain Dog Records, un label de Virginie. Ces rebondissements n’ont pas fini de secouer le petit monde de la musique : l’apparition de nouveaux services (voir édition du 23 juillet 2003) devrait se faire surtout après l’été, avec le retour attendu d’un Napster légal (voir édition du 26 février 2003). Décidément, les temps changent : l’automne comme saison du renouveau, qui l’eût cru ?


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