Publicité
Imprimer cet article Envoyer à un ami

Loppsi 2 : les FAI ne veulent pas entendre parler de filtrage

L'Association des Fournisseurs d'Accès et de Services Internet (AFA) a pris position contre le blocage des sites pédo-pornographiques, une mesure phare du projet de loi Loppsi 2 (sécurité intérieure).

Publicité

Filtrer internet n’est pas la solution la plus efficace pour l’Association des Fournisseurs d’Accès et de Services Internet (AFA) qui vient de diffuser un communiqué, suite à l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de loi Loppsi 2 en première lecture.

Pour rappel, l’article 4 du projet de loi prévoit en effet l’obligation pour les fournisseurs d’accès Internet (FAI) d’empêcher l’accès aux sites pédo-pornographiques (présentant des images ou représentations de mineurs relevant de l’article 227-23 du Code pénal), uniquement “après l’accord de l’autorité judiciaire, seule garante des libertés en France” , rappelle l’AFA.

Dans les faits, ce blocage devrait s’opérer selon une liste noire dressée par une autorité administrative et communiquée aux FAI.

Cette obligation n’est pas du goût des fournisseurs d’accès membres de l’AFA (avec des poids lourds comme Orange, SFR ou Bouygues Telecom).

“Il est toujours plus efficace d’agir à la source même du contenu, en le faisant retirer par l’hébergeur du site internet, plutôt que de le faire bloquer par les FAI français”, commente Carole Gay, responsable Affaires juridiques et règlementaires de l’AFA, cité dans le communiqué de presse. “Lorsqu’un contenu est bloqué, il reste en ligne, et n’est que temporairement inaccessible puisque la mesure de blocage est facilement contournable.”

Le “club des FAI” ne manque pas de réagir contre ce qu’elle laisse entre comme une absurdité : l’auteur d’un contenu bloqué peut en quelques minutes faire héberger son site sous un autre nom de domaine ou une autre URL selon la technique de blocage utilisée.

De même, un internaute qui souhaite accéder à un site qui fait l’objet d’un blocage dispose de plusieurs outils de contournement (proxy, DNS étranger, etc).

Paradoxal : “bloquer, c’est promouvoir les contenus illégaux”

Pour l’association des fournisseurs d’accès, “une mesure de blocage par l’autorité judiciaire peut avoir des conséquences contraires à l’objectif visé, comme cela a été le cas pour le site négationniste ‘Aaargh‘, hébergé aux États-Unis.”

On s’en souvient, la décision de bloquer ce site aux contenus illicites en France avait contribué à la diffusion de son contenu.

“La publicité faite autour de l’affaire a largement participé à la notoriété d’un site au départ confidentiel (…) Son contenu s’est retrouvé dupliqué très rapidement sur de nombreux sites miroirs, échappant de cette manière aux mesures de blocage mises en place” , explique l’AFA.

L’association n’omet pas de rappeler que ses membres ont bâti un réseau avec d’autres fournisseurs d’accès étrangers et peuvent ainsi leur signaler des contenus illégaux pour enquête et retrait.

Sans oublier de mentionner au passage le principe voulu par la LCEN et qui a été largement éprouvé jusqu’à ce jour : lorsqu’un contenu est signalé comme illégal, l’hébergeur est contacté et doit agir promptement pour le retirer.

Et enfin, l’AFA conclut en se félicitant que depuis douze ans, elle aide à lutter contre les sites pédo-pornographiques en favorisant leur retrait à la source grâce au service www.pointdecontact.net.

Un rappel qui en appelle un autre : un service similaire a été mis en place par le ministère de l’intérieur et permet de signaler directement aux services compétents un site potentiellement illégal.

Les autres articles sur ce sujet

4 commentaires

RSS - Flux pour ces commentaires.

  1. On préfère le bloquer et le laisser en ligne (le site pédo-porno) plutôt que de le faire supprimer du serveur.

    Drôle de loi en effet…

  2. Dommage qu’il n’existe plus la peine de mort pour les pédophiles, les marchands de drogues, les arnaqueurs financiers.
    Mais puisque il existe un droit de vote et puis que dans le fond la liberté d’expression, le libre arbitre, la libre pensée ça existe à chacun de déterminer ses choix et d’en assumer les conséquences, jeunes ou vieux.
    La nature n’aime pas les faibles.

Publicité

  1. Hummm…. JCC -> Jean Claude Convenant ???

    Belle remarque clichée-réductrice de comptoir, bravo !

    La peine de mort n’a pas été retirée dans un soucis de sympathie des délinquants sexuels, financiers ou toxicomanes mais pour prévenir d’eventuelles erreurs judiciaires, devenues banales de notre belle république bananière. La justice est faillible mon cher Jean Claude, même dans certains cas de flagrands délits, sachez le.

    Souhaitez vous une société totalitaire à la sauce 1984 ou Minority Report ? Le
    cas echéant, vous allez dans le sens de
    la loi Loppsi 2 ce qui rendrait votre
    message incohérent puisque celle-ci ne
    traite pas le problème à la source
    comme vous sembliez le suggérer.

    Le totalitarisme ne règle jamais les
    problèmes : il les contient.

    Bien à vous.

  2. Cher Worm.

    Une argumentation du niveau de “il faut tuer tous les méchants qui embêtent les gentils” que même un élève de CM2 aurait des scrupules à lancer de peur des railleries de ses camarades ne mérite sans doute pas que vous perdiez votre temps en démonstration de vice de logique.

    Ne pas tenter de raisonner les idiots sur internet. Cela tiendrait du miracle, que de réussir. Lancer une telle croisade contre l’imbécilité ne fait qu’attiser le trolling sur les forums.

    Bien à vous.

Ajoutez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée