LoRa : l’atout de Bouygues Telecom dans l’Internet des objets

M2MOpérateursRéseaux
bouygues-telecom-lora

Bouygues Telecom lancera, au mois de juin, l’exploitation d’un réseau dédié aux objets communicants et basé sur le protocole multifréquence LoRa.

L’Internet des 50 milliards d’objets connectés à l’horizon 2020 est en marche.

Bouygues Telecom ouvrira, au mois de juin, un réseau entièrement dédié à cet usage. L’infrastructure couvrira d’abord Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) et une partie de Paris. Elle sera la première en France à s’appuyer sur la technologie LoRa.

Développé à l’origine par le Français Cycleo (filiale de Semtech depuis 2012), ce protocole également connu sous l’appellation LoRaWAN est aujourd’hui porté par un consortium d’industriels réunis au sein de la LoRa Alliance, dont Bouygues Telecom est membre fondateur.

LoRa – utilisé pour “Long Range” – entend répondre aux problématiques des objets communicants en apportant des liaisons bidirectionnelles avec le réseau de collecte, sur plusieurs kilomètres de distance. Le tout avec une faible consommation : l’objectif est d’assurer une autonomie d’une dizaine d’années à partir de batteries standard.

Pour s’affranchir des obstacles, pénétrer dans les bâtiments ou encore couvrir les objets en mouvement (jusqu’à 60 km/h de vitesse de déplacement), LoRa peut s’appuyer sur de multiples fréquences basses et libres de licences. En France, Bouygues Telecom exploitera son réseau dans la bande des 863 à 870 MHz.

La solution a fait l’objet de tests pendant 16 mois à Grenoble en compagnie de plusieurs partenaires et industriels : Semtech autour de l’amélioration du protocole, mais aussi Eolane (conception-fabrication de matériels électroniques), Kerlink (fabrication des passerelles réseau) et Sagemcom (coeur de réseau).

Bouygues Telecom installera des passerelles “LoRa” sur une partie de ses 15 000 points hauts en France, afin d’effectuer le lien entre les équipements (capteurs, émetteurs-récepteurs, microcontrôleurs, batteries) et le coeur de réseau, où sont traitées les données. Il est prévu de couvrir près d’un demi-millier de communes avant fin 2015. En tête de liste, Marseille, Lyon, Nice, Lille, Rennes, Nantes, Montpellier et Angers.

Au-delà du transport de l’information et de son stockage, Bouygues Telecom entend fournir du conseil en amont et des services en aval. Tout particulièrement “à travers la notion de big data et de data visualisation”, comme l’explique Franck Moine. Interrogé par Silicon.fr, le directeur de la division M2M pour la filiale du groupe BTP ajoute : “Il y a une vraie pertinence à cette approche pour mesurer les données des équipements“.

LoRa se distingue des offres SIM M2M “traditionnelles” non seulement sur l’aspect technologique, mais aussi sur le prix : alors que l’on parle de “moins de 10 euros par mois et par objet” en M2M, il est question de “quelques euros par an” avec LoRa. La différence sera compensée par les capacités de traitement de l’infrastructure : une passerelle peut remonter jusqu’à 16 millions de liens par jour.

A noter qu’il existe déjà des initiatives en Europe autour de LoRa : elles sont signées KPN aux Pays-Bas, Swisscom en Suisse, Belgacom en Belgique et Fasnet au Royaume-Uni.

Crédit photo : chanpipat – Shutterstock.com


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur