L’UE condamne Echelon

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Petit à petit, le système d’écoute Echelon remue les officiels. Tout récemment, c’est l’Union Européenne qui s’est déclarée concernée, voire inquiète, des développements de l’affaire.

Sorti de l’anonymat depuis peu, le système d’écoute mondial Echelon provoque un certain remue-ménage. Jusqu’à déclencher des remous à l’intérieur même des institutions européennes. Son existence a d’abord été officiellement reconnue récemment par un membre du gouvernement australien (voir édition du 27 janvier 2000). Au cours d’un discours prononcé par Erkki Liikanen, le responsable européen pour la société de l’information, les soucis européens sur la question ont été dévoilés au grand jour. En substance, le responsable a indiqué que pour atteindre le but fixé par le dernier Sommet de Lisbonne, à savoir faire en sorte que l’économie de l’Europe soit la plus compétitive et dynamique du monde, il fallait, comme première condition, que les citoyens puissent avoir confiance dans leurs communications électroniques.

Selon l’AFP, les eurodéputés ont obtenu que le conseil des ministres de l’Union Européenne soit saisi de l’affaire d’interception des communications Echelon. Cette question doit être mise à l’ordre du jour du prochain conseil des ministres européens de la Justice et de l’Intérieur le 29 mai prochain. Fernando Gomes, ministre de l’Intérieur portugais a exprimé, au nom de la présidence de l’UE, une “condamnation” de principe d’Echelon s’il était utilisé à des fins d’espionnage commercial, comme l’a avancé un journaliste britannique. Autrement dit, les autres “fins” ne sont pas condamnables ?

Pris à parti au cours des débats, un député britannique (le Royaume-Uni ayant avoué hébergé sur son territoire des centres d’écoute Echelon) a déclaré qu’il était normal de “ne pas faire de commentaires sur les interceptions de communications pour raisons de sécurité”. Pour Erkki Liikanen, le problème est de savoir si les règles légales concernant la protection de la vie privée sont bafouées ou non. “La Commission ne manquerait pas d’agir sir c’était le cas”, rapporte l’AFP. L’enquête et les débats risquent d’être longs…

Pour en savoir plus :

Le discours du responsable européen des nouvelles technologies (en anaglais)


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