L’UE tarde à libérer le chiffrement

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L’Union Européenne retarde sa décision de supprimer la régulation sur l’exportation de la cryptologie. Les éditeurs américains apprécieraient ce sursis?

Une déclaration officielle de l’Union Européenne de lever les barrières à l’exportation des produits de chiffrements étaient au programme d’une rencontre des Ministres des Affaires Etrangères Européens. Mais, au regard des rendez-vous portés sur l’agenda, le comité a ajourné sa décision d’assouplir la position européenne en matière de cryptologie pour reporter le rendez-vous au 13 juin prochain. Les fonctionnaires européens avaient récemment annoncé que les états membres de la communauté européenne étaient parvenu à un accord concernant la régulation de la cryptologie.

La France et la Grande-Bretagne se sont longuement opposés à l’assouplissement de la loi en la matière, mais semblent dorénavant vouloir changer d’avis. Ces deux pays opposaient l’argument de ne pas vouloir placer une technologie forte et quasiment impénétrable dans les mains de terroristes internationaux (les algorithmes de chiffrement furent longtemps classés comme des armes de seconde catégorie, soit assimilés à des porte-avions…). Mais, selon les experts, ce contretemps sonne comme une bonne nouvelle pour les entreprises américaines éditrices de logiciels de chiffrement qui sont autorisées à exporter leurs technologies avec une plus grande liberté (voir édition du 13 janvier 2000) que les entreprises européennes mais qui demeurent encore soumises à des procédures d’autorisation pesantes et à des vérifications techniques du gouvernement américain. Ce qui soulève quelques controverses… Ces procédures administratives donnaient l’avantage compétitif aux fournisseurs de logiciels de chiffrement européen que le vote de suppression de la régulation sera venu renforcer. On le voit, la guerre des codes secrets est loin d’être terminée.


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