?Mac et iSync au coeur du hub numérique

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Le 14 octobre prochain, la transformation des comptes d’utilisateurs des services iTools en services ?Mac se terminera. L’adoption de ces services payants a été l’occasion pour Apple de revaloriser sa stratégie de hub numérique, tout en modifiant son modèle économique, au grand dam des utilisateurs de comptes annoncés initialement comme gratuits. Mais ?Mac semble devoir évoluer vers une offre plus large, comme le laisse présager la version bêta d’iSync, dernière iApp de la firme.

Grande confusion pour Apple autour de son offre de services en ligne ?Mac. Celle-ci, qui reprend le modèle iTools en le revalorisant quelque peu (ajout de logiciels, modification des volumes de stockage et le nombre de comptes e-mail…), modifie aussi la proposition initiale d’Apple qui était de fournir un compte gratuit à ses utilisateurs. Signe des temps ou échec dans l’atteinte des objectifs, ?Mac devient finalement payant : près de 50 dollars (51 euros) la première année pour les utilisateurs initiaux, 100 dollars (102 euros) par la suite ou pour les nouveaux venus. Dans le détail, le compte ?Mac propose en fait les services d’un webmail (un compte e-mail interrogeable et utilisable depuis n’importe quel point de la planète ou de n’importe quelle machine, PC ou Mac) et un espace disque iDisk de 100 Mo accessible dans les mêmes conditions que le webmail. On trouve encore une fonction de création de site Web Homepage utilisable directement depuis un navigateur ou au travers de certaines applications (les iApps) d’Apple comme iPhoto. Par ailleurs, les adhérents à ?Mac peuvent toujours compter sur la fonction de cartes postales électroniques iCards, amusante, mais qu’on trouve également sur d’autres sites. Les vraies nouveautés sont ailleurs : l’application Backup permet de réaliser des archives stockables sur l’iDisk ou sur des disques optiques (CD ou DVD). Une exclusivité ?Mac qui est complétée par un logiciel d’un éditeur tiers, Virex de McAfee, un antivirus proposé aux alentours de 60 dollars (61 euros) dans le commerce. Au total, Apple estime à 260 dollars (264 euros) la valeur marchande de ces services et Steve Jobs a justifié le passage d’un système gratuit à un système payant tant à MacWorld New York qu’à l’Apple Expo de Paris (voir édition du 10 septembre 2002) par la modification du modèle économique des services similaires concurrents.

10 % d’abonnés convaincus

Tout cela ne fait pas le bonheur des 2,1 millions d’abonnés iTools qui n’ont pas mordu à l’hameçon de cette nouvelle offre uniquement disponible en anglais et en japonais et dont la localisation n’a pas été prévue pour le moment. Certes, la conversion de plus de 10 % des abonnements en moins d’un mois s’avère impressionnante (Apple a annoncé avoir vu l’ouverture de 280 000 comptes ?Mac courant septembre), mais une véritable reconquête des utilisateurs initiaux de ces services va devoir être réalisée. D’où l’extension de la période d’essai au 14 octobre, date à laquelle ?Mac sera inaccessible aux abonnés qui n’auraient pas encore fait chauffer leur carte bancaire !

L’extension du délai permet à Apple de lever un bout de voile sur les futurs services de ?Mac, en laissant à l’essai iSync (en version bêta), nouvelle iApp permettant la synchronisation de données entre Mac et périphériques divers, comme des téléphones cellulaires, l’iPod, les assistants personnels fonctionnant sous PalmOS et même d’autres Mac, par le biais du compte ?Mac justement ! Une augmentation de la valeur de service offerte, qui s’étend également à d’autres iApps comme iCal – un agenda électronique publiable sur le Web et également synchronisable ou partageable avec des collaborateurs ou des amis – ou encore iChat. Et il y a tout lieu de croire qu’Apple ne va pas s’arrêter là : des rumeurs font état d’autres iApps, comme un logiciel permettant de réaliser son site en deux temps trois mouvements directement depuis Mac OS. Reste une condition : que ?Mac fonctionne sans hoquets. Le service a déjà connu quelques temps d’arrêts intempestifs, qui ont soulevé d’immédiates et virulentes réactions et entraîné des excuses de la part d’Apple.

L’incontournable iSync

En attendant, iSync, disponible depuis le dernier jour de septembre, est là pour faire réfléchir (et basculer ?) les derniers réticents. C’est aujourd’hui l’application type du hub numérique tel que l’entend Apple : à la frontière entre les périphériques numériques, la connexion à des services Internet et les logiciels fournis gratuitement par le constructeur, elle se présente comme le ventricule gauche du hub numérique. iSync est en fait très certainement appelé à devenir incontournable autant en utilisation autonome d’un Mac qu’en utilisation en ligne. Il permet de mettre à jour les données modifiées entre appareils numériques. C’est le type même du logiciel presse-bouton. Une touche permet de mettre à jour agenda, iPod, téléphone portable, assistant Palm… Des utilisateurs ont même réussi à synchroniser Entourage, le client d’e-mail de Microsoft, avec iCal, l’agenda électronique d’Apple, en passant par un Palm ! Autant dire qu’iSync permet aussi de migrer d’une application vers une autre sur un même Mac ! Quant aux utilisateurs disposant de plusieurs machines, iSync offre le partage d’informations au travers de ?Mac ! Du bureau à la maison ou l’inverse… Quelques limitations pourtant : pour le moment, seuls certains modèles de téléphones Ericsson fonctionnent, iSync s’appuyant sur la technologie Bluetooth encore à intégrer dans les Mac, même si elle existe en option. Sans doute aussi la raison pour laquelle iSync n’est encore qu’en bêta…


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