MacOS X, un vrai-faux Linux ?

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Steve Jobs l’a martelé à plusieurs reprises, MacOS X est un super Linux que tout le monde pourra utiliser chez soi. Admettons. Mais la réalité n’est pas aussi évidente.

Que se soit Steve Jobs ou Steve Wozniak, chacun appuie et conforte l’avenir de MacOS X face à Linux. Durant la présentation de la nouvelle interface, Aqua de MacOS X (voir édition du 6 janvier 2000), Steve Jobs a présenté le futur système d’Apple comme comparable à Linux, en mieux évidemment. Si certains principes sont indéniables, MacOS X n’est tout de même pas strictement un Linux. Explications.

Premier point essentiel, quelque peu détaché de la technique à proprement parlé, Linux est en source libre et vendu à un prix souvent dérisoire par plusieurs éditeurs. Ces derniers adaptent plus ou moins le système à leur goût, ce qui oblige souvent à recompiler les logiciels pour chaque distribution Linux. MacOS X, lui, n’est qu’en partie en source libre. Seules les fondations du système le sont, à savoir Darwin. Ce qui exclue donc toute l’interface graphique, les moteurs d’affichages (Quartz, QuickTime et OpenGL) et les ensembles de compatibilité avec MacOS 9 (Classic et Carbon). Toutes ces parties restant propriété exclusive d’Apple. D’autre part, MacOS X, contrairement à Linux, ne supporte pas les serveurs graphiques X-Window pour l’interface. De base, le système d’exploitation Linux fonctionne en mode texte. Il faut lui ajouter une interface graphique pour en rendre l’utilisation plus conviviale. Le choix est relativement vaste mais les deux les plus utilisées sont KDE et Gnome. Il n’en reste pas moins que toutes les distributions Linux aujourd’hui proposent l’installation automatique de l’une ou l’autre interface, au moins.

Le propos de Steve Jobs se justifie par le fait que l’architecture de MacOS X est très proche de celle de Linux : micro-noyau (même si Linux fonctionne sur un noyau), indépendance par rapport au matériel, modularité des couches systèmes (fondations, services, interface, moteur graphique etc.). L’autre point commun est bien entendu, qu’ils soient tous les deux des Unix. Mais là où MacOS X se démarque c’est dans sa facilité d’utilisation et d’installation. Apple cache Unix. L’utilisateur n’a pas besoin d’aller taper des lignes de commandes. Sous Linux, on est quasiment obligé de le faire dès que l’on rentre dans des configurations et paramétrages spéciaux.

Du coup, Linux ne peut pas encore prétendre à envahir le grand public, il se limite souvent aux entreprises et au monde de l’éducation. Alors que MacOS X vise clairement le plus grand nombre car il est le successeur de MacOS 9, mais aussi les entreprises, les écoles et les créateurs avec l’appui de MacOS X Server.


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