Mafiaboy devant la justice

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L’adolescent a reconnu les charges qui l’accusent d’avoir paralysé des sites Web américains en février 2000, provoquant des pertes de 1,7 milliard de dollars. Il risque deux ans de prison. Mais qu’est-ce qui est le plus inquiétant ? Un adolescent un peu débrouillard qui cherche à se faire remarquer ou des serveurs incapables de contrer des script kiddies ?

Mafiaboy, l’adolescent québécois de 16 ans accusé d’avoir attaqué des sites américains, dont CNN, eBay, Yahoo, Amazon et Excite, en février 2000 (voir édition du 15 février 2000) et arrêté le 15 mars, a plaidé coupable à Montréal, jeudi 18 janvier 2001, devant la Chambre de la jeunesse de la cour du Québec. En reconnaissant 57 des 67 chefs d’accusation, il a pu retrouver la liberté et retourner à ses chères études. Mafiaboy (dont on ne connaîtra que le pseudonyme puisque la loi québécoise protège l’anonymat des mineurs) est accusé d’avoir intenté des attaques incapacitantes (ou denial of service, attaques qui visent à surcharger un serveur afin d’interrompre son fonctionnement) sur onze sites Web américains.

Y’a-t-il un moyen d’éviter ces attaques ?

Rapporté par Radio-Canada, l’ensemble de ces attaques aurait coûté, selon l’accusation, la bagatelle de 1,7 milliard de dollars, non pas en dégâts matériels mais en pertes dues aux interruptions d’activité. Les avocats de la défense contestent, bien sûr, le montant des pertes. Opérant de chez lui, l’adolescent était parvenu à s’introduire sur des serveurs universitaires à partir desquels il avait lancé ses requêtes inutiles à l’aide d’un logiciel obtenu dans un forum. Ces requêtes incessantes mais non destructrices, surnommées script kiddies, étaient apparemment parvenues, en une semaine, à ralentir ou paralyser les serveurs visés. C’est en se vantant de ses exploits que Mafiaboy se serait trahi.

Reste à savoir s’il n’est pas un peu facile d’accuser une personne d’avoir démontré la faille d’un système ? On pourrait même considérer que Mafiaboy a rendu service aux sites qu’il a visés. Service qui peut lui coûter deux ans de prison ferme et une amende de 1 000 dollars canadiens. Rendez-vous en avril pour le délibéré.


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