MandrakeSoft explique son rejet du projet UnitedLinux

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Pourquoi chercher à uniformiser Linux alors que les distributions sont déjà constituées autour d’une base commune de composants système et d’applications ? Pourquoi risquer de rendre propriétaire une technologie normalement ouverte à tous ? C’est à partir de ces constats que MandrakeSoft justifie son refus de participer au projet UnitedLinux lancé en mai dernier. Et aussi parce que MandrakeSoft profite du sillage tracé par Red Hat… qui n’a pas non plus rejoint l’initiative commune.

UnitedLinux, l’initiative lancée le 30 mai 2002 par Caldera, Conectiva, SuSE et Turbolinux pour créer un standard de distribution globale et uniforme de Linux, n’emporte pas l’adhésion de tous les acteurs du monde du libre. A commencer par MandrakeSoft qui nous avait confirmé sa non participation à UnitedLinux (voir édition du 30 mai 2002). Aujourd’hui, la société française justifie son choix dans une de ses faq (en anglais).

Pour MandrakeSoft, il n’y a pas d’analogie entre la situation actuelle de Linux et celle d’Unix dans les années 80. “On devrait se souvenir que l’univers Unix a échoué (IBM AIX, HP-UX, SCO Unix, Digital Unix, SGI IRIX, Sun Solaris, etc.) quand ils ont essayé de définir un standard commun”, peut-on lire sur le site, “le monde de Linux ne fonctionne pas comme celui de Unix.” MandrakeSoft se justifie en estimant que les différentes distributions Linux incluent toutes une base commune d’ingrédients composée du noyau (kernel), d’une interface graphique et des sources (les fichiers d’installation et les logiciels ajoutés distinguent ensuite les différentes distributions). Cette base commune et la quasi absence d’incompatibilité entre les versions composent déjà, aux yeux de MandrakeSoft, une standardisation des distributions Linux. Lesquelles sont “essentiellement inspirées de Red Hat, Debian et Mandrake”, estime l’éditeur.

UnitedLinux pas assez Open Source ?

Et alors que la politique de distribution unifiée de UnitedLinux tend à effacer les différences qui caractérisent les travaux des éditeurs, MandrakeSoft “n’aurait rien à gagner à rejoindre” l’association car cela “ruinerait sa réputation”. Et de rappeler que le succès de Mandrake tient en partie au système d’installation simplifié de la distribution. Enfin, l’éditeur français rappelle que la politique du logiciel libre permet à quiconque d’accéder aux sources des applications et peut contribuer à leur amélioration sans aucune restriction. “Ce qui ne semble pas être le cas dans le projet UnitedLinux”, juge MandrakeSoft. Rappelons également que Mandrake est entièrement compatible avec Red Hat, première distribution du marché qui n’a pas rejoint UnitedLinux, et que, à ce titre, l’éditeur français n’a pas intérêt à se priver d’un courant porteur.


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