Mandriva se dit prêt à (re)déployer ses ailes

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Optimiste, Mandriva se restructure et a mis sur pied une nouvelle stratégie pour sortir de l’ornière. L’éditeur compte notamment partir à la conquête des marchés français, brésilien et russe et capitalise sur ses innovations.

Nouveaux administrateurs, nouvel investisseur… Mandriva aborde sereinement sa nouvelle stratégie pour assurer sa pérennité. Les marchés français, brésilien et russe constituent le nouvel axe de développement parallèlement à la poursuite des innovations. « On fait le pari que transformer Mandriva en entreprise commerciale viable est possible ». Arnaud Laprévote est optimiste.

Il faut dire que le P-DG de Mandriva revient de loin. « En juin, on s’est demandé si on continuait ou si on arrêtait », avoue-t-il lors de la présentation de la stratégie de l’entreprise à la presse ce mardi 21 septembre matin, à laquelle a assisté Silicon.fr. Arrêter signifiait la liquidation pure et simple de l’activité, l’abandon des contrats et projets de développement en cours, la disparition de la communauté (800 000 membres dont une centaine de développeurs actifs) et de l’écosystème, et la déception de quelques 5 millions d’utilisateurs dans le monde.

L’équipe dirigeante a donc préféré poursuivre l’aventure (ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Mandriva frôle le dépôt de bilan, l’entreprise survit depuis 2003 dans le cadre d’un plan de continuation – 100 000 euros par an à rembourser – programmé jusqu’en 2013). Le seul éditeur européen d’une distribution Linux y était encouragé par l’arrivée de nouveaux administrateurs et le renflouement de 2 millions d’euros injectés par le fonds de capital risque luxembourgeois NGI. Lequel s’empare au passage de la majorité du capital: 50% des parts plus une action.

En 2010 et 2009, Mandriva affichait des pertes respectives de 1 million (prévisionnel) et 1,5 million d’euros (pour 2,5 millions de chiffre d’affaires en 2009). L’ensemble de ces mesures remettra Mandriva à l’équilibre pour la fin de l’année.

Pour retrouver la rentabilité, les dirigeants s’appuient à la fois sur l’existant tout en simplifiant la structure. Cette simplification est passée par la fermeture de sa filiale Edge IT (dont les 14 employés ont bénéficié d’un plan de reclassement mais nombre de développeurs ont préféré lancer le fork Mageia). Ensuite, la dette a été renégociée et « devrait aboutir à un protocole d’étalement de 3 millions d’euros sur 3 ans », précise Jean-Noël de Galzain, dirigeant de Wallix et nouvel administrateur. De plus, une nouvelle équipe dirigeante sera prochainement dévoilée (et mettra fin au turnover des dernières années avec 5 Pdg en 2 ans ?). Enfin, les 5 entités économiques ont été simplifiées en 2 entités: Mandriva France et Brésil.

1 million de PC Mandriva vendus au Brésil

Car si la France est la tête pensante de l’entreprise, les affaires se font au Brésil. Du moins pour l’activité desktop. La distribution Linux de Mandriva, qui fournit Positivo le plus gros distributeur du pays (60% du marché grand public local), a été fournie sur 1 million de PC de bureau en 2010. « Le Brésil est un vrai marché pour le desktop Linux, justifie Arnaud Laprévote, la moitié des PC sont sous Linux ».

Une situation inhabituelle due à la volonté de l’Etat d’inciter la création d’industries nationales en taxant fortement les technologies entrantes. « On a l’impression que d’autres pays vont adopter cette stratégie », espère le dirigeant qui compte ainsi bien en profiter.

Le gouvernement brésilien vient d’ailleurs de lancer, début septembre, un appel d’offre pour équiper, dans un premier temps, les écoles du pays de 800 000 PC Classmate (les PC designés par Intel pour répondre aux besoins du marché de l’éducation). Mandriva y a bien évidemment répondu. A la clé, un marché provisionné de 300 millions d’euros. Résultat attendu en octobre.

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