Marché du disque : quatrième année consécutive de baisse

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Malgré des chiffres inquiétants, l’industrie reste optimiste et voit, à travers les DVD musicaux et la vente en ligne notamment, des signes de reprise.

Pour la quatrième année consécutive, les ventes mondiales de disques ont encore baissé. De 7,6 % en 2003, selon l’IFPI, le syndicat international de l’industrie musical qui vient de publier les résultats, générant un chiffre d’affaire de 32 milliards de dollars environ. Un déclin qui touche à peu près toutes les régions du monde. Si, avec 14,4 % de baisse, la France a rejoint son niveau de l’an 2000, l’Allemagne accuse une chute de 19 %. Depuis 1999, nos voisins germains connaissent une chute globale de 30 % suite à quatre année consécutives de perte de vitesse alors que l’industrie musicale française essuie en 2003 sa première baisse de régime depuis longtemps. Le reste de l’Europe n’est pas épargné par le phénomène : le Danemark, la Suède, la Belgique, la Grèce, l’Irlande, le Portugal et la Suisse “expérimentent les déclin à deux unités”, précise le rapport de l’IFPI. Au niveau monde, le marché connaît une baisse globale de 20 % depuis 2000.

Le piratage via les réseaux d’échange de fichier peer-to-peer (P2P) est naturellement montré du doigt pour expliquer cet inquiétant phénomène. “Les études de l’IFPI et de nombreuses sociétés tierces prouve largement que les fichiers illégalement partagés en ligne se traduisent directement par des pertes sur les ventes”, estime le communiqué. La reprise des achats de CD au quatrième trimestre aux Etats-Unis, à la suite des premières poursuites d’internautes par la RIAA, tendrait à confirmer ce constat. L’IFPI se garde pourtant de tout parallèle. Et pour cause. Le marché anglais, où les poursuites individuelles en justice n’avaient pas encore commencé, a connu une stagnation, voire une très légère hausse de vente (+ 0,1 %). L’Australie connaît même une embellie avec 5,9 % de progression en valeur. Un paradoxe pour le continent qui héberge le siège social de Sharman Networks, l’éditeur de Kazaa.

Le P2P n’est pas le seul en cause

D’ailleurs, le syndicat reconnaît ? peut-être pour la première fois ? que les Kazaa, Morpheus, eDonkey et autres applications de partage, ne sont pas les seuls responsables de la mauvaise santé du marché musical. Il attribue entre 35 et 40 % la part de la baisse des ventes de disques au phénomène du piratage en ligne. Le reste serait dû à la dispersion du budget dans d’autres activités de loisirs qui n’ont cessé d’émerger ces dernières années (consoles de jeux, téléphones mobiles, ordinateurs…).

Pourtant, l’industrie musicale voit des signes réconfortants dans ces résultats. A commencer par une reprise du marché aux Etats-Unis où les bons résultats du quatrième trimestre 2003 ont freiné la baisse annuelle de contre 12 % sur la premier semestre. D’autre part, l’IFPI voit dans le DVD musical (DVD Music Video) un marché prometteur. La vente de vidéos musicales a connu une embellie de plus de 46 % représentant 5,7 % des revenus globaux contre 3,1 % en 2002. Enfin, dernier point encourageant, l’apparition des plates-formes spécialisées dans la distribution en ligne de fichiers numérisés. Plus de 19 millions de titres ont été vendus aux Etats-Unis par Internet sur le deuxième semestre 2003. Et les plates-formes comme iTunes Music Store d’Apple ou Napster de Roxio poussent comme des champignons. Plus de 30 services de ce types proposent 300 000 chansons en Europe tout en faisant leur apparition en Amérique latine, Australie et Asie. Des chiffres encourageants que l’IFPI reconnaît ne pas encore avoir intégré dans ses calculs (et prévoit de le faire pour 2005). Si la vente directe en ligne ne constitue pas encore un concurrent significatif au CD physique, ce modèle semble se positionner comme une véritable alternative au disquaire du coin de la rue.


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