Marjolaine Grondin, Hello Jam : « L’I.A. traitera 80% des requêtes de nos utilisateurs »

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Marjolaine Grondin par Rébecca Trouslard
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Moins d’un an après la sortie de Jam (service d’assistant intelligent par SMS), Marjolaine Grondin signe une jolie levée de fonds d’un million d’euros auprès d’une dizaine de business angels et du fonds d’investissement ISAI.

ITespresso.fr : C’est quoi Jam ? Un service hybride entre le moteur de Google et la messagerie de Facebook ?

Marjolaine Grondin : L’ambition de Jam est de donner accès à l’ensemble des ressources du web (informations, emploi, sorties, idée cadeau, etc.) au travers d’une conversation en langage naturel, que l’on peut mener aujourd’hui par SMS ou Messenger et demain via WhatsApp ou Twitter.

Nous sommes « API First » et nous nous appuyons sur les interfaces plébiscitées par nos utilisateurs.

ITespresso.fr- Vous traitez déjà plus de 6000 messages par jours pour vos 25 000 utilisateurs. Quelle proportion est entièrement réalisée par l’intelligence artificielle de Jam ?

Marjolaine Grondin : Aujourd’hui 30% des réponses sont entièrement réalisées par l’intelligence artificielle. 50% sont un mixte entre humains et machines et 20% entièrement réalisées par des humains.

L’IA est déjà capable d’accompagner nos utilisateurs de A à Z dans la recherche d’un bar par exemple, mais si l’IA identifie un cas particulier et inconnu, un humain prend le relais.

Grâce à notre levée de fonds, nous allons investir pour que l’intelligence artificielle traite jusqu’à 80% des requêtes de nos utilisateurs.

ITespresso.fr- Justement, sur quoi porteront ces investissements ? Du matériel ? Du logiciel ? Des données ? Des compétences ?

Marjolaine Grondin – La priorité est clairement d’étoffer l’équipe avec des ingénieurs en language naturel, en machine learning, deep learning et autres data scientists.

Nous cherchons à grandir intelligemment et nous déploierons notre architecture informatique à notre rythme pour accompagner cette croissance.

ITespresso.fr – Google, Apple, Microsoft ou Facebook dépensent sans compter pour imposer leurs propres assistants intelligents. Le million d’euros levés est-il suffisant pour faire face à une telle concurrence ?

Marjolaine Grondin – Oui car nous avons un positionnement précis, les étudiants français, à qui nous souhaitons offrir le meilleur service possible, avec des contenus et des services partenaires adaptés à leurs besoins. Jam connaitra par exemple leurs dates de congés ou de partiels. Siri ou Google Now ne proposent pas ce niveau de service.

ITespresso.fr – Google et Facebook sont principalement des vendeurs de clics ou de téléchargements. Quel sera votre modèle économique ?

Marjolaine Grondin – Jam sera également un canal de communication entre ses utilisateurs et des annonceurs. Les étudiants sont une cible très recherchée par les banques, les entreprises ou les organisateurs d’événements.

Mais nous nous distinguerons par le choix du CPL, la génération de leads, afin d’aligner les intérêts des utilisateurs et de nos partenaires : notre succès sera intrinsèquement lié à la pertinence de notre recommandation, mesurée par le fait que l’étudiant suit bien le tips proposé par Jam*.

crédit photo : Rébecca Trouslard


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