Maxtel n’a pas survécu à l’an I du WiMax en France

Mobilité

La co-entreprise Altitude Telecom-APRR a éclaté, un an après avoir obtenu 13
licences régionales. Les ex-alliés rédéfinissent leurs stratégies WiMax en
solo.

Une première alliance WiMax vient de se fissurer. Le consortium Maxtel, réunissant à parité l’opérateur Altitude Telecom et le groupe autoroutier APRR (Autoroutes Paris-Rhin-Rhône), a éclaté. Les deux partenaires ont décidé de poursuivre leur développement chacun de leur côté, avec la bénédiction de l’Autorité de régulation des communications et des postes (Arcep).

C’est en juillet 2006 que l’instance administrative en charge du bon fonctionnement réglementaire du marché des télécoms avait attribué 13 licences régionales à Maxtel. Cette co-entreprise avait vocation à commercialiser des offres de gros WiMax pour le compte d’opérateurs prêts à lancer des offres BtoB ou BtoC basées sur cette technologie Internet sans fil.

Presqu’un an plus tard, les dites licences vont être réparties entre les deux co-actionnaires de Maxtel. Après accord à l’amiable, il a été entendu que le groupe Altitude Telecom conserve 11 licences WiMax* qui seront exploitées à travers une nouvelle filiale (Altisteam). Sachant que l’opérateur alternatif qui s’adresse surtout aux entreprises a déjà déployé le WiMax dans cinq départements : Eure, Orne, Calavados, Seine-et-Marne et Vendée.

Quant au groupe APRR, il garde uniquement la main sur deux régions : Rhône-Alpes et Franche-Comté. “Sachant que nous disposons du spectre de l’ensemble de notre réseau routier”, précise René Bérard, Directeur de l’ingénierie et de la maîtrise d’oeuvre chez le groupe autoroutier. Celui-ci compte lancer à moyen terme une consultation afin de trouver un ” fournisseur de services télécoms pour le débit”. “Nous déploierons le WiMax avec un autre opérateur”, assure René Bérard.

Pourquoi l’union a capoté

Reste une question en suspens. Pour quels motifs APRR et Altitude Télécom ont décidé de se séparer ? Les deux anciens alliés restent vagues sur les raisons du divorce.

René Bérard se content d’apporter quelques éléments de contexte. Des changements structurels sont intervenus du côté d’APRR depuis l’attribution des licences WiMax par l’Arcep. La société, qui a fait l’objet d’une procédure de privatisation, est désormais une propriété du groupe du secteur privé Eiffage (constructeur, concession). Ce qui laisse suggérer que, dans la nouvelle configuration, APRR aurait remis à plat sa stratégie WiMax.

De son côté, Altitude Télécom se contente de donner des éléments factuels sur la nouvelle répartition des licences mais n’apportent pas de commentaires particuliers sur les différences d’approches qui ont pu survenir.

* Alsace, Auvergne, Basse-Normandie, Bourgogne, Centre, Champagne-Ardenne, Haute-Normandie, Lorraine, Midi-Pyrénées, Nord-Pas-de-Calais, Pays de Loire.


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