MegaDD : le disque dur sans disque dur

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Comment accélérer les temps d’accès aux données numériques ? En remplaçant le disque dur par de la mémoire vive. C’est l’idée d’un développeur informatique en quête de vitesse, même si elle n’existe que sur le papier.

“L’idée m’est venue en constatant la lenteur des temps d’accès aux données avec les bases lourdes. Une requête peut prendre plusieurs minutes dans certains cas. Pour accélérer ces temps d’accès, je me suis dit que le plus simple était de les charger en mémoire vive.” Ainsi est né le MegaDD dans l’esprit de Raymond Le Maout. Ce développeur spécialisé dans les bases de données a imaginé remplacer le disque dur par de la mémoire vive. Dans un boîtier d’une taille équivalente à celle d’un disque dur de 5,25 pouces se logent six slots pour mémoire vive (type SD-RAM ou DDR) sur circuit imprimé et puces adéquates, le tout relié au contrôleur IDE de la carte mère. La vitesse à tout prixAu démarrage du BIOS, celui-ci reconnaît le MegaDD comme un disque dur traditionnel. Configuré en mode “maître”, celui-ci, vide par défaut, charge dans sa mémoire le système d’exploitation présent sur un disque dur “esclave”. Cette configuration permet ainsi d’accélérer considérablement les temps d’accès entre le système chargé en mémoire et les composants de la carte mère, les débits étant seulement limités par la bande passante du bus IDE (au mieux 133 Mo/s théoriques). Quand l’utilisateur quitte le système, les données sont sauvegardées sur le disque dur “esclave”. Ce qui accélère considérablement le démarrage de la machine à la manière du mode Mise en veille prolongée de Windows XP.Selon Raymond Le Maout, “3 Go de mémoire vive suffisent à charger Windows XP, toute la suite Office et quelques applications personnelles”. Avec ses six emplacements mémoire, le MegaDD n’est limité que par la taille des barrettes, soit au total 6 Go (à raison de barrettes de 1 Go maximum). C’est plus que ne peut en supporter un système 32 bits limité à 4 Go (quand la carte mère le permet). Pourtant, le MegaDD ne vise pas tant les serveurs de bases de données que les ordinateurs personnels, “pour ceux qui cherchent la vitesse à tout prix”, estime l’inventeur. “Cela permet aussi de donner un second souffle à un PC un peu ancien”, ajoute-t-il. Une invention purement virtuelleLe seul problème est que le MegaDD n’existe pas, même pas à l’état de prototype. “Je ne suis pas assez calé en électronique pour cela”, avoue le développeur. Ce qui ne l’a pas empêché de déposer une demande de brevet auprès de l’INPI (Institut national de la propriété industrielle) qui devrait être validée mi-2004. Raymond Le Maout a déjà imaginé un prix à son invention : environ 60 euros sans la mémoire. “Mon rêve serait de commercialiser mon brevet afin de pouvoir acheter mon MegaDD à la boutique du coin”, -t-il. Car, jusqu’à présent, il n’a trouvé aucun constructeur prêt à se lancer dans l’aventure même si tous ceux qu’il a contactés “trouvent l’idée intéressante”. Si en théorie, le MegaDD n’a aucune raison de ne pas fonctionner, il reste à le vérifier dans la pratique.On connaît la mémoire cache sur les disques durs qui optimise les transferts d’information. Un vague projet de remplacement du disque dur par de la mémoire Flash a sombré dans les oubliettes au vu du coût de ce type de mémoire. Mais le disque dur remplacé par de la mémoire vive de type SD-Ram n’a, à notre connaissance, jamais été réalisé. Raymond Le Maout est certain que cela se fera, avec ou sans lui. “Supprimer les contraintes mécaniques du disque dur par de l’électronique pure comme la mémoire est une évolution naturelle du PC”, pense-t-il. Qui sait s’il ne sera pas l’un des pionniers de cette évolution technologique ?Article modifié le 27/10/03.


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