Michael Dell veut faire de la compote de Pomme

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Deux figures emblématiques de la micro-informatique ont commenté, chacun sur son terrain, la voie suivie par Apple. Michael Dell et Linus Torvalds en veulent à Cupertino. Pour Michael Dell, PDG du géant des ordinateurs en VPC, “Apple nage à contre-courant” ! Derrière les mots acides se profile la concurrence sur le marché américain de l’éducation.

Les commentaires de Michael Dell, le brillant inventeur de l’ordinateur sur mesure en VPC, à Business Week Online, relèvent d’un autre registre que ceux de Linus Torvalds (voir édition du jour). Mais ils n’en paraissent pas moins suspects. “Si vous jetez un oeil aux sociétés à ordinateurs propriétaires, que ce soit Digital, Silicon Graphics ou Apple, je pense que leurs destinées sont similaires”, aurait-il dit. “Nous savons comment le film se termine. La question est juste : que se passe-t-il avant ? Apple a une base de clients très restreinte. Si vous regardez les chiffres, il a été très difficile pour Apple d’avoir un retour sur investissements de sa R&D [Recherche et Développement, Ndlr] avec une base se rétrécissant. Il ne s’agit pas de dire que les produits d’Apple ne sont pas fabuleux ou innovants, mais les facteurs économiques sont si saisissants qu’il leur est difficile de nager à contre-courant.” Ces réflexions paraissent étonnantes de la part d’un aussi fin connaisseur du marché de l’informatique : Apple n’aura plus de “propriétaire” que l’infrastructure des processeurs, basée sur le standard PowerPC, qui reste actuellement le maillon faible de son modèle technologique, en raison des incertitudes liées à Motorola. Pour le reste, la firme utilise des composants standardisés de l’industrie et dispose, depuis fin mars, d’un système d’exploitation Unix, très répandu dans l’industrie.

Dell veut devenir premier de la classe

Les commentaires de Michael Dell doivent être éclairés des ambitions de sa firme : détenir la place de leader sur le marché de l’éducation aux Etats-Unis, traditionnellement dévouée à Apple, mais que sa firme a réussi à approcher. L’effort de reconquête engagé depuis novembre par Apple est en effet intense outre-Atlantique (voir édition du 22 janvier 2001). Emmené par une spécialiste du domaine, Cheryl Vedoe (voir édition du 31 octobre 2000), Apple peut compter désormais sur la société de services PowerSchool qu’elle vient de racheter et qui est respectée par la profession, pour se refaire une place au soleil. Sans oublier Mac OS X, qui répond au double besoin des établissements scolaires, tant du côté des administrations qui s’appuient surtout sur des applications industrielles de type Unix, que du côté des professeurs qui restent fortement attachés à la simplicité d’utilisation d’Apple. Michael Dell et ses lieutenants le savent et leurs réflexions tendent à marquer l’engagement d’une bataille marketing pour décrédibiliser la Pomme et s’imposer sur ce marché.

Pour en savoir plus :Le site de PowerSchool (en anglais)


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