Michel Combes décrète un plan “shift” pour redresser Alcatel-Lucent

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Pour retrouver les rails de la profitabilité, Alcatel-Lucent veut s’établir comme un spécialiste industriel des réseaux IP et de l’accès très haut débit.

Transformer un généraliste des équipements télécoms en un spécialiste industriel des réseaux IP et de l’accès très haut débit mobile et fixe.

Tel est l’axe central du plan “shift”, qui doit remettre Alcatel-Lucent sur la voie de la profitabilité, au sortir d’un marasme quasi décennal.

Investi voici bientôt 3 mois au poste de P-DG du groupe, Michel Combes a présenté, ce 19 juin, les grandes lignes de ce programme qu’il compte mettre en oeuvre dans un délai de deux ans et demi.

Il s’agira, pour assurer la croissance de l’entreprise à plus long terme, de poser les jalons d’un développement durable pour ne pas rater la transformation qui s’opère dans l’industrie.

Cette stratégie implique une révision de l’organigramme : de 4 grandes structures, Alcatel-Lucent va passer à trois, voire deux principales.

Le Core (coeur de réseau) regroupera les activités IP (routage, transport, plates-formes), optique (y compris les câbles sous-marins et les transmissions sans fil) et les plates-formes (OSS/BSS, réseau, conseil, services).

L’Access concentrera quant à lui l’offre sans fil, le très haut débit fixe et le licencing.

Les solutions dédiées aux entreprises et aux gouvernements seront placées sous la coupe de la division “Others” (Autres).

Avec ce dernier segment, Alcatal-Lucent entend dégager 250 millions d’euros de cash flow en 2015 (-115 millions en 2012), tandis que le Core verra son chiffre d’affaires atteindre les 7 milliards euros, contre 6,1 milliards en 2012, avec une marge opérationnelle relevée à 12,5%.

Soit un CA global de 7,4 milliards d’ici fin 2015, avec comme premier axe de développement les marchés LTE 4G, particulièrement aux Etats-Unis, en Asie (Chine) et… en France.

Alcatel-Lucent entend aussi tirer parti du développement des “small cells” (micro et femto), des réseaux 100G et de la transition vers le tout IP.

Mais ce “shift” implique aussi, comme le note Silicon.fr, un plan d’économies : les coûts de fonctionnement seront réduits d’un milliard d’euros à l’horizon 2015.

La R&D verra ses budgets amputés de plus de 50%. Et 85% de ce qui restera sera consacré aux technologies IP, au transport et au très haut débit.

Les développements sur les technologies vieillissantes 2G/3G, xDSL, etc., seront progressivement abandonnés au profit du LTE, FTTx…

D’autres restructurations sont en vue côté services managés, le groupe perdant actuellement de l’argent sur 15 contrats.

L’onde de choc devrait aussi toucher les équipes commerciales, avec notamment une réduction de 100 à 75 bureaux, pour se concentrer sur les pays les plus rentables tout en augmentant de 3 à 7% le taux des ventes indirectes.

Au final, il est question de rééchelonner la dette à hauteur d’un objectif de 2 milliards d’euros sur la période 2013-2015 et la réduire, dans un futur proche, de 2 milliards d’euros (elle s’élève à 5,6 milliards aujourd’hui).

Alcatel-Lucent espère également tirer profit de cessions d’actifs à hauteur de 1 milliard. “Soigneusement sélectionnés”, les actifs en question n’ont pas été précisés.

Il restera néanmoins à vérifier l’agilité de l’équipementier à s’adapter aux évolutions, rapides dans cette industrie, face au dynamisme de ses concurrents.

Michel Combes a dessiné les grandes lignes de la stratégie. Lesquelles devront se concrétiser sur le terrain. Et, en la matière, n’oublions pas que le diable se cache dans les détails.

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Crédit photo : Christophe Lagane – Silicon.fr


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