Microsoft à la rescousse de Corel ?

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Microsoft vient d’injecter 135 millions de dollars dans le vendeur de logiciels Corel. Actuellement en difficulté, la société avait autrefois cherché à concurrencer le géant de Redmond sur le marché des applications de bureautique.

Répétition de l’histoire ? En août 1997, Microsoft avait investi 150 millions de dollars dans le capital d’Apple, alors plutôt mal en point. Aujourd’hui, c’est au tour de Corel de recevoir quelques subsides (135 millions tout de même) de la part du premier éditeur de logiciels du monde. Cette somme correspond à 24 millions d’actions sans droit de vote. Si les actions préférentielles acquises par Microsoft étaient converties en actions classiques, la société détiendrait 24,6 % du vendeur de logiciel canadien.

Déjà à l’époque, certains interprétaient le mouvement de générosité de Microsoft comme une volonté de conserver un concurrent suffisamment important afin d’éviter d’être accusé d’abus de position dominante. Difficile de connaître la motivation exacte du géant en l’occurrence, mais cela ne l’a pas empêché d’être condamné pour ce motif (voir édition du 7 juin 2000). Aujourd’hui, en investissant dans Corel, le même genre de question se pose…

Corel a pendant longtemps été – et est encore un peu aux Etats-Unis – un concurrent de Microsoft dans le domaine de applications bureautiques avec WordPerfect (racheté à Novell en 1995). Et plus récemment, c’est même sur le terrain du système d’exploitation que Corel a misé en prenant un virage Linux très prononcé. Avec comme ambition, entre autres, de proposer une distribution Linux accessible au plus grand nombre et aussi simple à utiliser que Windows (voir édition du 2 février 2000). Dernièrement, Steve Ballmer, PDG de Microsoft, avait d’ailleurs indiqué clairement prendre au sérieux la menace Linux (voir édition du 13 septembre 2000).

Officiellement, l’accord n’oblige pas Corel à partager avec Microsoft ses technologies WordPerfect et Linux. En revanche, les deux nouveaux partenaires s’engagent à mettre fin à leurs disputes légales encore en cours et le Canadien s’engage à participer au développement de la stratégie .Net de Microsoft (voir édition du 28 juillet 2000).

Derek Burney, actuel PDG de Corel depuis la démission de Michael Cowpland (voir édition du 16 août 2000), s’explique : “Nos plus récents efforts se focalisaient sur la meilleure manière d’adapter nos applications – y compris CorelDraw, WordPerfect et même Linux – au Web. En mettant en commun l’expertise de développement de Corel et la ligne de produits .Net de Microsoft, nous sommes persuadés d’avoir trouvé la bonne association pour accélérer le processus.”

En tout cas, cet accord tombe à pic pour Corel, qui venait d’annoncer de tristes résultats financiers pour le troisième trimestre de cette année avec une perte de 10,7 millions de dollars.


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