Microsoft consent à partager ses services .Net

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Microsoft ne sera plus le seul opérateur de ses services Web. Sous la pression des entreprises, l’éditeur réoriente sa stratégie .Net My Services et permet dès lors aux opérateurs et FAI de proposer les services à leurs clients sans passer par Microsoft.

.Net My Services a longtemps été défini par Microsoft comme une plate-forme de services Web, contrôlée et gérée par l’éditeur lui-même. Microsoft souhaitait alors se positionner comme un interlocuteur unique, voire un opérateur exclusif de ses services. Le site portail de Microsoft, MSN, devait ainsi permettre un accès unique à ces services Web destinés aussi bien aux entreprises qu’aux particuliers. Seulement l’accès à ces services nécessite l’identification et l’enregistrement de données personnelles que seul Microsoft pouvait détenir. Un point qui n’a pas échappé aux entreprises qui ne se sont pas montrées très enthousiastes à l’idée qu’une entreprise unique soit le seul dépositaire de données parfois très personnelles.

Face à ces réticences – Microsoft avoue aujourd’hui avoir du mal à convaincre les entreprises de l’intérêt de ses services – l’éditeur réoriente sa stratégie et souhaite aujourd’hui se positionner comme fournisseur de logiciels, permettant ainsi aux entreprises d’installer elles-mêmes leurs propres services. Microsoft fournira ainsi les briques technologiques dont les entreprises ont besoin pour administrer elles-mêmes leurs services Web. Autrement dit, Microsoft retourne à son coeur de métier et renonce à se positionner uniquement comme fournisseur de services.

Dorénavant, .Net My Services sera proposé à des opérateurs, fournisseurs d’accès à Internet ou de contenus, qui pourront à leur tour proposer ces services à leurs clients de la même façon que MSN. Ces services, qui devaient être lancés cette année, ne devraient vraisemblablement pas l’être avant l’année prochaine, notamment parce que la solution devrait reposer sur la prochaine version de SQL Server – laquelle fonctionnera sur .Net Server – prévue pour fin 2002.

Un Passport très critiqué

Il est vrai aussi que Microsoft avait dû faire face à une levée de boucliers, notamment autour de son système d’identification des abonnés, Passport. Opposition par ailleurs orchestrée par Sun qui a su rallier à son projet Liberty Alliance un grand nombre d’entreprises influentes (voir édition du 27 septembre 2001). Sans compter les récentes failles de sécurité découvertes dans Passport (voir édition du 5 novembre 2001) qui ont fini de mettre à mal une stratégie de plus en plus vue comme monopolistique.


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