Microsoft entre en lutte contre le spam

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Microsoft va intégrer une application antispam dans la nouvelle version de son serveur de messagerie et ultérieurement dans d’autres produits. Cette stratégie ne fait pas l’affaire des éditeurs spécialistes de la sécurité informatique.

Lors du Comdex qui se tient actuellement à Las Vegas, Bill Gates, le patron de Microsoft, a annoncé la livraison gratuite d’un logiciel nommé Intelligent Message Filter (IMF) destiné à filtrer les spams, ces courriers électroniques non sollicités à contenu publicitaire, en complément de la nouvelle version de son serveur de messagerie Exchange Server 2003. IMF – qui pourrait également être intégré au logiciel client, Outlook, et ce d’ici l’été 2004 – met en oeuvre une technologie appelée SmartScreen, déjà utilisée pour filtrer les comptes e-mail MSN et Hotmail. De ce que l’on en sait, SmartScreen évalue la probabilité d’un courrier électronique d’être un spam, et ce pour un utilisateur donné, en fonction de ses habitudes… Ce système prétend également déjouer les astuces utilisées par les émetteurs de spams pour que leurs messages traversent les filtres.

Une préoccupation majeure

De fait, la lutte contre le spam est actuellement une préoccupation majeure des responsables informatiques des entreprises : ce phénomène a pris une ampleur telle que le tri que les salariés effectuent quotidiennement dans leur boîte mail contribue à dégrader leur productivité. Mais l’initiative pose évidemment un problème, celui d’intégrer un logiciel antispam dans un produit sous forme d’une nouvelle fonctionnalité, alors que des éditeurs spécialistes de la sécurité commercialisent de leur côté de tels logiciels. Cette situation ne peut qu’évoquer la bataille qui a opposé Microsoft à Netscape pour la domination du marché des navigateurs. Bataille que Microsoft a évidemment gagnée en intégrant son produit dans Windows, alors que le principe du navigateur avait été inventé par Netscape.

Cette stratégie ? classique – de Microsoft avait été à l’origine du long procès pour abus de position dominante dont il a fait l’objet et qui s’est réglé fin 2002 (voir édition du 29 janvier 2003). Bien que Microsoft avait alors été convaincu de pratiques anticoncurrentielles, cette stratégie semble bien toujours d’actualité, dans le domaine de la sécurité cette fois. Rappelons que Microsoft a également des ambitions du côté des antivirus, ayant racheté il y a quelques mois un éditeur roumain, Gecad (voir édition du 11 juin 2003).


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